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Titre du blog : Mario Bergeron, romancier du Québec
Auteur : Marioromans
Date de création : 01-01-2016
 
posté le 16-07-2018 à 07:05:07

Contrat d'édition

 

 

Ce que vous voyez est la première page du contrat d'édition signé avec VLB Éditeur, en 2008. De façon générale, ce type de document a autour de vingt pages et est d'une lecture aride. Sans doute que vous pensez certaines choses à propos d'une telle entente, en n'imaginant pas certains aspects. Comme ces contrats sont à peu près tous sur le même modèle, voici quelques faits.

 

Un contrat lie un auteur à une maison d'éditions pour X temps, qui ne peut être défini d'avance. Le contrat est valide tant et aussi longtemps que le livre en cause se vend bien, est en demande. Quand il y a mévente, l'éditeur a l'habitude d'avertir la personne que le contrat tire à sa fin. Dans un tel cas, l'auteur redevient propriétaire de son texte.

 

Car pendant tout le temps que le contrat est valide, le texte appartient à l'éditeur, qui peut en faire ce qu'il veut. Ex : format poche, feuilleton dans un journal, adaptation au ciné ou à la télé, refiler le roman à un organisme qui vend par la poste. Dans de tels cas, l'auteur est averti gentiment, mais n'a pas un mot à dire contre une de ces avenues. Parmi les droits de la maison d'éditions : changer le titre du manuscrit! Et ceci, j'y ai goûté trop souvent... L'éditeur décide aussi du résumé à l'endos, du dessin ou de la photo de la page couverture.

 

L'éditeur s'engage à faire la promotion du livre et l'auteur est invité à collaborer, mais à ne pas prendre de décisions. Ceci, je l'avais fait avec mon premier éditeur et je m'étais fait taper sur les doigts.

 

L'éditeur paie annuellement le romancier. Ce qu'on lui donne? La norme au Québec est de 10 % du prix de vente. Comment, comment ? Le type qui a écrit le roman est le moins payé? Absolument. Et encore, si le roman est au catalogue de Québec Loisirs, on reçoit encore moins. Mais qui touche 90 % du prix de vente ? L'éditeur, le distributeur et le marchand (libraire ou autre). Bref, si mon livre se vend 25 dollars, je touche 2 dollars et 50 sous. Pas assez pour acheter un pain tranché. Il faut en vendre pour la peine pour "vivre de sa plume", ce qui est à peu près impossible, au Québec. Les auteurs qui affirment le contraire sont tous des menteurs.

 

Comme je le mentionnais au début, les contrats sont à peu près tous pareils. Le cas de VLB présentait deux clauses jamais vues ailleurs. Si le premier tirage est écoulé, l'auteur peut alors toucher 12 % au lieu de 10 %. Dans le cas de ce roman Ce sera formidable, il y avait un tirage de 3000 copies. Je n'en ai vendu que la moitié. Suffisant pour qu'on m'indique la porte de sortie.

Seconde clause : si l'auteur veut faire publier un livre chez un concurrent pendant qu'il est sous contrat chez VLB, ces derniers ont droit de regard sur le texte et peuvent empêcher une telle parution.

 

Ces contrats n'ont rien de carcans. Je n'y pense même pas. Sauf qu'avoir un de ses textes en format livre sur le marché, c'est excellent pour l'ego. Et rien d'autre.