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Titre du blog : Mario Bergeron, romancier du Québec
Auteur : Marioromans
Date de création : 01-01-2016
 
posté le 25-10-2018 à 07:47:35

Bilan : Tremblay & Fils

 

 

En 1993, j'ai créé un roman intitulé Entre deux enfers, à propos d'un adolescent de Trois-Rivières au début du 20e siècle. Ayant aimé l'expérience, j'avais poursuivi avec un autre récit, cette fois sur la soeur de mon héros. C'est à ce moment que j'ai décidé de créer une série couvrant entièrement le  siècle, avec le personnage Roméo, devenant centenaire au cours des années 1990. Le premier roman débutant en 1908, il me manquait donc l'épisode 1900 à 1907, l'enfance de Roméo. C'est pourquoi j'ai écrit ce roman, Tremblay & Fils, un peu, je l'avoue, comme un 'bouche trou'. Bref, ce qui est le premier de la série a été écrit en troisième.

Le roman a été présenté, un peu malgré moi, à un concours régional, dont le prix était la publication du texte. J'ai gagné un prix, hors catégorie. J'aurai donc un véritable livre sur le marché. L'organisme de ce concours n'était pas une maison d'éditions, mais des gens fabriquant du matériel pédagogique, dont des livres. Leur nom était CERRDOC, de Shawinigan.

 

Le roman a été commercialisé en 1996. Il fut le seul avec un dessin de page couverture représentant une scène du récit. Le distributeur a fermé ses portes quelques mois plus tard, si bien que je n'ai aucune idée du nombre qui a été vendu et, cela va de soi, je n'ai pas été payé. Je me suis servi de Tremblay & Fils pour tenter de trouver un véritable éditeur. J'ai ai déniché... deux!

Mon sentiment, avec le recui : ce roman porte la marque de mon amateurisme. Il est cependant rigolo, car le récit est avant tout enfantin. J'avais toujours écrit par moi-même et l'avenir allait m'enseigner beaucoup de leçons pour devenir un véritable romancier, ce que je n'étais pas au moment de ce livre. Le roman est sans doute le plus rare de mes publications.

 

 

 

 

 

La page couverture avait été dessinée par une femme de La Tuque, collaboratrice du CERRDOC. J'avais cependant suggéré à ces gens qu'une personne adolescente soit l'auteure du dessin, l'organisme s'adressant à la jeunesse. Avec l'aide d'un prof de mon ancienne école, j'avais pris contact avec un garçon, qui a offert ce que vous voyez et qui a été refusé par le CERRDOC. On peut constater que l'idée est la même.

 

 

 

 

Comme extrait : L'enfant Roméo est craintif, mais la peur la plus repoussante de sa vie s'est produite au marché public de Trois-Rivières.

 

 

Roméo soupire d’impatience, ferme les paupières pour mieux rêver à ses pommes quand, soudain, Joseph s’immobilise devant un comptoir. En ouvrant les yeux, le garçon tombe face à face avec un tonneau décoré d’une immense tête de cochon. Il hurle d’effroi et part à la course, poursuivi par son père, obligé de le traîner à deux mains. Roméo, les yeux sortis des orbites, abîme la robe de sa mère par un mouvement continuel des ongles, scène que Joseph et le boucher trouvent amusante.

 

 

« C’est vrai qu’il est gros votre cochon, mon ami.

- Deux cent vingt-cinq livres, monsieur.

- Non? Ça, c’est du cochon!

- Imaginez tout le bon jambon que j’ai pu en tirer. Puis les cretons, les filets et le boudin. Pensez à tous les mets délicieux que votre épouse pourra préparer avec cette tête. J’ai même fabriqué deux blagues à tabac avec la vessie.

- Nous avons surtout besoin de jambon.

- C’est celui de ce cochon que je vous offre au meilleur prix, monsieur.

- Vrai? C’est bel et bien la viande de ce cochon?

- J’ai fait boucherie ce matin même, monsieur, avant le chant du coq. »

 

 

Ce matin, alors que Roméo se réveillait dans la douceur de ses draps, ce gentil gros cochon rose pataugeait dans ses immondices quand soudain, tel un loup, ce boucher, avec son cigare vissé dans le bec, surgissait pour lui planter son énorme couteau aiguisé en plein cœur avant de la dépecer en riant. Pire que tout, il a cisaillé cette tête, afin d’attirer l’attention des passants du marché. Cette tête géante qui ne cesse de surveiller Roméo, même si le garçon garde ses yeux fermés, s’agrippant sans cesse à sa mère, respirant avec peine et prêt à éclater en sanglots.

 

 

Le père de Roméo décidera de se porter acquéreur du cochon le lendemain, permettant ainsi à son garçon de faire un horrible cauchemar. Le moment venu, l'homme oblige son fils à vaincre sa crainte et doit l'accompagner au marché. Roméo tremble en voyant cette tête, mais trouve au fond de lui-même le courage de peser sur l'horreur, faisant s'enfuir une volée de... vers. Il n'était pas si frais, le cochon!

 

Commentaires

Marioromans le 28-10-2018 à 04:18:08
La différence est que mon porc est mort.


J'aurais aimé que le jeune gagne la palme avec son dessin, car c'était un bon gars, puis ma visite chez lui avait semé l'enthousiasme chez ses parents. J'admets cependant que le dessin choisi est meilleur.
chocoreve le 27-10-2018 à 23:27:48
L’idée n’est pas la même … sur la dernière couverture, la petite fille est au premier plan, c’est elle qui retient l’attention.

La scène concernant le cochon, je l’ai vécue … avec en plus, le souvenir des cris de la pauvre bête.