VEF Blog

Titre du blog : Mario Bergeron, romancier du Québec
Auteur : Marioromans
Date de création : 01-01-2016
 
posté le 14-03-2020 à 04:27:00

Achever un roman

 

 

Il me reste trois pages à écrire pour terminer mon roman L'amicale des fantômes du Trois-Rivières métropolitain. Le tout a débuté le 14 août 2019. Un peu plus de sept mois, pour un texte d'environ 200 pages. Un peu long comme processus, mais ce n'est pas trop grave.

 

Il y a eu beaucoup de plaisir, mais aussi des problèmes. Ce que vous voyez ci-dessus laisse deviner qu'il y a eu confusion. Ceci est la dernière des cinq pages du plan de rédaction. Ce plan avait été difficile à préparer. Autour de trois semaines pendant lesquelles je ne pensais qu'à ça. Hors un déplacement d'un personnage de la fin vers le milieu, j'ai respecté mon plan.

 

Chacun des numéros, à gauche, représente un personnage et un chapitre, lesquels ont tous dix pages. J'indique le nom du personnage, le lieu du déroulement, l'année.

 

En cours de route,  je me suis rendu compte que certains personnages étaient trop semblables à un précédent. C'est ainsi que des 24 prévus, je suis descendu à 21 (Notons qu'il y a deux chapitres mettant en vedette des couples.) De plus, j'ai trouvé d'autres personnages et lieux qui me sont apparus pertinents. Mais toutes ces modifications ont été casées vers la fin, d'où le marasme visuel que vous pouvez noter sur la numérisation.

 

Tout en haut, j'avais prévu un personnage du nom de Bernadette Hétu, 18 ans, en 1922. travaillant dans une pharmacie. J'ai biffé cet élément pour le remplacer par 'Terrasse Turcotte". En réalité, voici ce que j'ai écrit : Bernadette Hétu, 18 ans, 1928, rue des Forges. Différent ! La jeune fille est ouvrière dans une usine, mais le soir venu, elle se maquillage à la mode, marche sans cesse sur les trottoirs, parle à tout le monde, qui la décrivent comme "La poudrée de la rue des Forges."

Le personnage 24, une bibliothécaire, a été reporté dans des chapitres précédents.

Sont disparus les numéros 21 (Salon funéraire) 22 (Station de radio) 23 (Enfant s'amusant dans une petite forêt) J'avais aussi indiqué un second numéro 21, à droite, à propos d'un chauffeur d'autobus, disparu aussi. Tout juste au-dessus apparaît une femme de 1908 et l'incendie de la ville, en 1908.  C'est la finale, pas du tout prévue.

 

Après avoir terminé suivra la première relecture, la plus difficile. Je sais qu'il y aura le problème suivant

: le style d'écriture est parfois semblable à un autre chapitre. Or, ce sont mes personnages qui s'expriment et ne peuvent être pareils les uns les autres. Parfois, j'y pensais, en me servant de patois, d'un peu d'argot, d'un trait de caractère.  Bref, il faut utiliser quelque chose qui les distingue. Par exemple, notre Bernadette Hétu dit souvent Allô! C'est ce qui la distingue.

 

Compliqué, tout ça ? On s'y fait et comme j'écris des romans depuis plus de quarante années, ceci se fera sans trop d'accrocs. Puis il faudra passer à la seconde relecture, la troisième...

 

Formidable! J'adore tout ceci.

 

Ah, au fait, le plan pour le prochain roman est prêt. J'y reviendrai avec le prochain article. En attendant, voici le début du chapitre de notre Bernadette.

 

 

 

Allô!  Mon grand  bonheur fut d’être celle que je n'étais pas, de vivre  intensément au cœur de ce qui n’existait pas tout à fait. La réalité était si, si, si grise que je préférais mon imagination, mes rêves et de transformer mon existence en un film d’Hollywood, en me servant de la rue des Forges de Trois-Rivières. Compliqué à comprendre, hein? Au moment de ma jeunesse, les années 1920, une fille n’avait qu’un choix : se marier. Oh, bien sûr, il existait quelques métiers, comme téléphoniste ou commis dans un grand magasin, mais on disait que « ce sera bien, avant de te marier. » Au bas de l’échelle : l’usine de textiles Wabasso. Pire que bas.

 

Je passais mes journées dans le bruit, l’humidité, la chaleur, à respirer les filaments de coton et en sortant, il ne me restait qu’à ramper jusqu’à la maison, puis me préparer à devenir la jeune reine de la rue des Forges, celle que personne, vraiment personne, ne pouvait identifier à une fille de la Wabasso. Ah, un oubli : les machines à tisser étaient gourmandes et leur repas préféré était des doigts d’ouvrière. Allô doigt et glop! Aaaaa…

 

 

Commentaires

Marioromans le 14-03-2020 à 21:25:35
Le première relecture, c'est technique. Par exemple, repérer les mots qui se répètent dans un même paragraphe, etc.


Donner du caractère aux personnages pour mieux les identifier, c'est utiliser un mot exclusif au personnage, un patois, un trait de caractère.


Par exemple, il a le pianiste du cinéma Bijou qui se montre cynique, la secrétaire du maire qui est souvent guindée, puis les Allo de celle que je présente, un religieux enseignant qui est maniaque du 'bon parler français" Des choses comme ça.


C'est un peu comme Jeanne Tremblay de Perles et chapelet qui dit souvent Diable et qui est à rebrousse-poil et menteuse.
chocoreve le 14-03-2020 à 20:29:30
La relecture, à faire quelque temps après avoir achevé le roman, non ?

Pas facile de "parler " de manière différente selon les personnages... ! Tout cela me semble être extrêmement compliqué !
chocoreve le 14-03-2020 à 20:29:29
La relecture, à faire quelque temps après avoir achevé le roman, non ?

Pas facile de "parler " de manière différente selon les personnages... ! Tout cela me semble être extrêmement compliqué !