Mario Bergeron, romancier du Québec

posté le 03-02-2021 à 20:28:56

Partie 3 : Le crépuscule d'Adèle

 

 

Outre la finale du roman en soi, que nous venons de voir, le texte présente un second dénouement, révélant des secrets de prime abord étranges, mais répondant à la logique de la première séquence vue en partie 1, et aussi celle du personnage Adèle.

 

 

Il s'agit d'un épilogue, racontant ce qui s'est passé suite au décès de Grand-Regard. Ceci tire son origine d'une rencontre entre Adèle et les jumeaux Robert et Jeanne, décidant de tout mettre en oeuvre pour que leur mère soit reconnue comme une femme exceptionelle. Enquêtes discrètes, colligées en un dictionnaire thématique relatif à Grand-Regard. Par la suite, les deux petites-filles Anne et Hélène se joignent au trio. Au début des années 1950, le sujet est informé du projet d'Adèle d'écrire la vie de sa mère.

 

 

Chacune et chacun aura un rôle précis pour l'édification de cette reconnaissance. Adèle se sert de son pouvoir immense pour atteindre les objectifs de l'équipe. Tous les livres de Grand-Regard, contes pour enfants et romans pour adultes, seront réédités. Un feuilleton télévisuel sera produit, sur la vie de mère de Grand-Regard. Un autre suivra, ainsi que deux films, puis un documentaire. Les toiles seront de nouveau exposées et Hélène deviendra la messagère publique des écrits de sa grand-mère, alors qu'Anne s'occupera du musée Grand-Regard, établi dans la maison familiale.

 

Tout ceci durera jusqu'aux années 1980 et, à ce moment, tout le pays savait qui était cette femme hors de l'ordinaire. Cependant, les gens de l'équipe prennent de l'âge, certains quittent cette Terre, si bien qu'Adèle doit se rendre compte que la mission a été accomplie. Elle sera la seule survivante des enfants de Grand-Regard, atteignant l'âge de 104 ans. Cependant, son moment de la mort venu, ses pensées révèlent de grands secrets...

 

 

Puis, une certaine nuit de mars 2019… « Lumière, je vous ai obéi avec tout mon  cœur, apportant à maman le plus grand des amours et je l’aurais fait sans vous,  même si j’ai apprécié souvent vos bons conseils. Je voudrais que vous vous retiriez de mon esprit où vous vous êtes infiltré quand j’étais dans le ventre de ma mère. Votre intention était honnête, mais s’il vous plait, il faut que tout ceci cesse pour que je puisse rejoindre ma mère, mon père Donatien, mes frères Conrad, Rodolphe et Robert, mes sœurs Germaine et Jeanne, mes jeunes amies Anne et Hélène, mon oncle Arthur. Je sais qu’ils m’attendent dans votre éternité, dans le Paradis créé par votre civilisation et avec l’aide de Dieu, pour que la vie éternelle soit merveilleuse pour les Terriens les plus méritants. Quand ma mère est morte, accrochée à l’arbre géant enrobé de votre luminosité, elle m’avait suppliée de la toucher, afin que cette lumière fasse davantage partie de ma vie et que je puisse la rejoindre, au moment de mon trépas. J’ai très bien compris ceci, à ce moment-là. Faites en sorte, je vous en supplie, que le désert aride qu’est devenue mon existence prenne fin et que je puisse sourire, les bras tendus vers Grand-Regard, afin de l’embrasser avec tout mon immense amour et vivre près d'elle pour l'éternité. »

 

 

 C’était la nuit. Personne n’a vu qu’après le dernier soupir d’Adèle, son corps a été entouré de lumière, jusqu’au moment de retrouver l’apparence de la jeune fille de douze ans. Mais les employées, au matin, ont retrouvé la plus que centenaire inerte. L’émotion était palpable, surtout pour cette jeune femme lui apportant des livres, pensant : « Si je pouvais avoir le talent d’écrire, je ferais un livre pour raconter aux gens comme Adèle Dupont était une femme extraordinaire. »

 

 

 

 

Tout ceci nous ramène à la séquence primordiale de Grand-Regard et la Lumière, alors que les élans affectueux de la femme, quand elle entre dans la luminosité, en ressortant avec un peu de lumière sur ses bras et ses mains. Le message final de l'esprit de  l'homme d'une autre galaxie indique qu'il sera toujours présent dans la vie de Grand-Regard. Bref, une partie de son esprit va habiter celui de celle qu'il aime.

 

 

Grand-Regard ne se rendra jamais compte de ceci, sinon à l'instant de son trépas. Cependant, lorsque la femme devient enceinte pour une cinquième fois, Lumière sent que son initiative est un échec et, conséquemment, cherche de l'aide en donnant un peu de son esprit au bébé è venir. Ce sera Adèle. Outre son propre esprit, Adèle sera aussi l'esprit de Grand-Regard et celui de Lumière.

 


 
 
posté le 29-01-2021 à 21:46:40

Cherchez l'erreur

 

 

Je fais ceci tous les soir de ma vie : trouver des maladresses et des erreurs, ceci autant dans les romans publiés, rédigés il y a longtemps ou celui tout fraichement terminé. Ceci fait partie de la phase 'Amélioration' car lorsque j'écris le premier jet d'un texte, je ne me préoccupe pas du tout de cet aspect.

 

Je vais vous faire travailler ! Il y a une grande erreur dans l'extrait suivant. Trouvez !

 

 

 

 

 

         Après le départ d’Adèle, Grand-Regard s’amuse à dresser la liste de toutes les choses qui n’existaient pas, quand elle avait l’âge de ses petits-enfants. Voilà quelques semaines, elle a évoqué à Anne le passage de la première automobile à Rivière-Aux-Truites. « Quoi ? Il n’y en avait pas ? Comment les gens faisaient pour se déplacer ? » Avec une voiture tirée par des chevaux, mon enfant. « Comme celle du laitier ? » Précisément, sauf que le laitier n'existait pas non plus, en 1880.  

         Une réalité qui n'existait profondément pas  jadis entre en fonction en janvier : neuf policiers pour couvrir l’espace des trois villages.

 

 

 

 

 

 

Vous avez trouvé ? Non ? La répétition à trois reprises d'un même verbe dans une courte séquence de texte. Ici, le verbe exister. Voici la transformation. On peut aussi parler de deux 'laitiers' voisins.

 

 

 

 

         Après le départ d’Adèle, Grand-Regard s’amuse à dresser la liste de toutes les choses qui n’existaient pas, quand elle avait l’âge de ses petits-enfants. Voilà quelques semaines, elle a évoqué à Anne le passage de la première automobile à Rivière-Aux-Truites. « Quoi ? Il n’y en avait pas ? Comment les gens faisaient pour se déplacer ? » Avec une voiture tirée par des chevaux, mon enfant. « Comme celle du laitier ? » Précisément, sauf que ce métier n’avait pas lieu, en 1880.  

         Une réalité profondément absente jadis entre en fonction en janvier : neuf policiers pour couvrir l’espace des trois villages.

 


Commentaires

 

1. ANAFLORE  le 30-01-2021 à 12:52:42  (site)

Epiphore ou anaphore??

2. Marioromans  le 30-01-2021 à 20:44:20  (site)

Dans le cas présent, ce serait épiphore. Quoi qu'il en soit, les correctrices des maisons d'éditions les repèrent en premier lieu,

IL y a parfois répétition volontaire, dont je me sers, dans un cas d'humour. Pas dans l'exemple que je propose.
C'est un défi auquel je suis maintenant familier.

 
 
 
posté le 18-01-2021 à 21:11:28

Le roman en cours ( 5 )

 

 

Le roman en cours est en réalité terminé, mais je ne peux m'empêcher d'évoquer la dernière étape de Grand-Regard et le crépuscule, se déroulant au cours des dernières années de la décennie 1940 jusqu'au décès de la femme.

 

 

Beaucoup d'épreuves dans la vie de Grand-Regard, dont les décès de son frère Arthur, de sa grande amie Émilienne et de son époux Donatien. Autre épreuve : la femme devient peu à peu aveugle.

 

 

Par contre : des flots d'amour autour d'elle, surtout ceux de ses enfants, de ses amies survivantes Violette et Anita. Adèle, approchant de ses 40 ans, retourne vivre chez ses parents, ce qui les ravit beaucoup. Les idées d'Adèle se muliplient, sachant que le bonheur de sa mère, créer, efface les larmes. Par exemple, Adèle fait appel à une petite-fille adolescente, Hélène, comme secrétaire de sa mère. Elle écrit ce que la femme raconte et ne peut pas écrire elle-même. De plus, Grand-Regard arrive encore à dessiner, même en ne voyant presque pas le papier devant elle.

 

 

La manipulatrice Adèle, aidée par son frère et sa soeur (jumeaux), ainsi qu'Hélène et une autre petite-fille, Anne, se sert de sa renommée de romancière et de ses feuilletons radiophoniques, fonde sa maison d'éditions dans le seul but de faire connaitre le talent de sa mère. Elle investit dans la production d'une émission de télévision pour enfants, où une comédienne racontera les fables et contes créés par Grand-Regard.

 

 

Malgré les larmes et la tristesse, grâce à Adèle, Anne et Hélène, les jumeaux, Grand-Regard se sent heureuse, découvrant même de nouveaux aspects de sa vie dûs à sa cécité. Par exemple, que les autres sens prennent la relève de la vision disparue pour compenser, par le son, le toucher, l'odeur.

 

 

 

Grand-Regard mourra en novembre 1954, à 74 ans, et vivra une agonie très, très hors de l'ordinaire, que je vais vous présenter sous peu.

 

 

L'extrait : à quelques semaines de devenir aveugle, Grand-Regard pose le geste suivant :

 

 

 

En sortant du café, Madeleine regarde attentivement autour d'elle. « Je n’aurais jamais pensé que je trouverais belle une rue pleine d’automobiles. » La réflexion allait avoir une suite innatendue, alors que Madeleine s’attable avec une toile vierge, les tubes à sa portée et lentement, très lentement, elle produit une toile étonnante avec, à droite, cette rue mouvementée, dont l’image, vers la gauche, devient brouillard, puis très floue, avant de se terminer dans le noir le plus opaque. Puis la femme a déposé les tubes et les pinceaux dans un petit sac, demandant aux siens de donner le tout à qui le voudra. Ce fut la dernière peinture signée GR et les enfants Dupont, en la voyant, ont essuyé des larmes, sachant ce que leur mère a voulu représenter.

 

 

 


 
 
posté le 11-01-2021 à 14:09:11

Émotion du romancier

 

 

Je viens de terminer la création du dernier roman de la série Grand-Regard, bien qu'il  me reste un épilogue important à écrire.

La scène finale est la mort de mon personnage. À l'origine, un autre dénouement avait été prévu, mais depuis décembre dernier, je ne pense qu'à cette nouvelle et étonnante dernière scène.

Au moment de la mettre en marche, au cours de la nuit du 11 janvier 2021, j'avais cessé d'écrire, puis passé deux heures à regarder mes feuilles, incapable de les approcher et ainsi faire mourir le personnage le plus extraordinaire de toutes mes créations. Puis vers 6 heures 30, je me suis lancé. Trois pages sans arrêt, interrompues par mon chagrin et mes larmes incessantes.

Je vis intensément avec Grand-Regard depuis avril 2017. En réalité, l'origine de la demoiselle est plus lointaine : en 2009-2010, lors de la création du roman Gros-Nez le quêteux. Le personnage y apparaît discrètement, dans un seul chapitre. Le quêteux, sur sa route d'errances, arrive dans un petit village et rencontre cette jeune demoiselle. Elle lui demande son nom : Gros-Nez. Alors, un peu par dérision, elle avait répondu : "Je m'appelle Grand-Regard."

 

 

Le roman a été accepté par les Éditions Marcel Broquet en 2015, publié l'année suivante, alors que je préparais une fiction à propos d'une jeune femme de 1905 ayant une relation avec l'esprit d'un homme d'une autre galaxie, tombé sur Terre sous une forme lumineuse.

 

 

Au salon du iivre de Trois-Rivières de 2016, un homme approche pour me faire part de son personnage favori de Gros-Nez : Grand-Regard. Alors, j'avais décidé que Grand-Regard serait le centre de ce texte. J'ai ainsi créé le roman Grand-Regard et la Lumière peu après et qui devait être un seul roman. Mais j'avais tant aimé la demoiselle que j'avais décidé que trois autres romans, racontant la vie entière du personnage, seraient de mise. Ceci a été fait entre 2017 et ce janvier 2021, bien que j'aie écrit d'autres histoires pendant ce temps.

 

 

Je ne pourrai jamais oublier Grand-Regard et la mise en oeuvre de ces quatre romans, moments précieux au cours de ma vie. Je tente encore de faire publier ces livres, refusés plusieurs fois, sans doute parce qu'on ne fait par intervenir une femme de 1905 avec l'esprit d'un extra-terrestre, mais les fictions vont beaucoup plus loin que ces seules séquences. Grand-Regard n'est qu'amour et créativité, étonnement et charme.

 

 

Voici la première présence de Grand-Regard, extraite de Gros-Nez le quêteux. Quant aux DEUX finales, je vous les présenterai et les expliquerai bientôt.

 

 

 

L’attitude de ce marchand confirme à Gros-Nez la pertinence de sa décision de vivre éloigné de l’humanité. Une jeune femme, témoin de l’altercation, sort de la boutique et presse le pas vers le vagabond. « Monsieur ! Monsieur ! » L’homme l’ignore, jusqu’à ce qu’elle ajoute : « Ce n’est pas un surnom ridicule, Gros-Nez. C’est joli. »  L’homme se retourne et sent son cœur battre en voyant un si charmant minois.

 

         « Mon frère a beaucoup de tabac et ne manque pas de travail pour gagner l’argent nécessaire à en acheter d’autre. Venez chez moi, je vais vous en donner.

         - Je vous remercie, mademoiselle, mais je vais me rationner.

         - Le tabac est le meilleur ami de la solitude. N’agissez pas en orgueilleux et suivez-moi.

         - Moi, orgueilleux ? » 

         Gros-Nez est intrigué de l’entendre parler de son frère à la manière d’un mari. La maison, modeste, est privée de décorations. Pas de papier peint aux motifs floraux. Des couleurs pâles remplacent les foncées habituelles. Aucune photographie austère d’un aïeul, comme partout ailleurs. Avant de penser au tabac, elle remplit une cafetière et dépose une bûche dans le poêle.

         « Je m’appelle Grand-Regard.

         - Grand-Regard ?

         - Si vous êtes Gros-Nez, j’ai le droit d’être Grand- Regard. Je sais où vous habitez. Du moins, je le présume. C’est une cabane à sucre abandonnée, dans la forêt, quelques milles au nord des limites du village. Vous marchez souvent cette longue distance pour venir acheter ceci ou cela chez le marchand. Je vais me ranger de son côté, pour une question : pourquoi de l’encre ? Qu’écrivez-vous ? Ne seriez-vous pas un peu poète ?

         - Vous êtes curieuse, Grand-Regard.

         - Vous aussi, Gros-Nez. Alors, je n’ai rien à cacher : cette maison appartenait à notre père, décédé voilà trois années. Ma mère l’avait précédé deux ans plus tôt. Mon frère et moi y habitons toujours. Il est chef de gare au village voisin et y couche en chambre, si bien que je suis seule ici cinq jours sur sept. J’étais maîtresse d’école, mais comme je ne me pliais pas à toutes les règles, les commissaires m’ont remplacée. Des biscuits, avec votre café ? »

         La rencontre dure un peu plus d’une heure, pendant laquelle Gros-Nez se donne un torticolis à force de suivre les mouvements saccadés de la jeune fille, qui s’exprime autant avec sa bouche qu’avec ses mains. La belle dit des choses inhabituelles, comme si elle vivait hors du temps présent. Elle lui a parlé des étoiles, des planètes, des herbes sauvages.

 

 


 
 
posté le 10-01-2021 à 19:21:39

Retour au salon du livre

 

 

Une photo prise lors du salon du livre de Trois-Rivières, en mars 2010. Mon premier depuis 2005. Je n'aimais plus tellement ces évènements à ce moment et en cette 2010, je ne participerai qu'à trois des ces rencontres. La femme est ma mère Lucienne, lors de sa dernière visite pour m'encourager. Toujours une fierté pour elle. Le roman en question était Ce sera formidable. Sur la table, on peut voir une photo ancienne d'un événement de Trois-Rivières et qui était évoquée dans le livre : la première exposition agricole, de 1895. J'apportais souvent ceci, mais seulement à Trois-Rivières, car cela permettait d'ouvrir une conversation avec un visiteur et de l'intéresser ainsi à mon roman.
 


 
 
 

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