Mario Bergeron, romancier du Québec

posté le 28-08-2018 à 21:46:59

Jeanne

Jeanne est sans doute le personnage le plus singulier de la série Tremblay. Pourtant, un seul roman, Perles et chapelet, lui est consacré. Mais sa présence, dans quatre autres livres, est très notable et elle survit après son décès dans les autres fictions de la série.

Dans Perles, Jeanne est une jeune artiste peintre de grand talent, vivant instinctivement, dans un univers volontairement excessif. Casse-cou, sans gêne, Jeanne n'a peur de rien et surtout pas des interdits. Vêtue et coiffée à la façon des garçonnes américaines de son époque - les années 1920 - Jeanne est aussi autodestructrice, tordue et alcoolique. De plus : elle aime ses semblables, ce qui était un secret difficile à vivre à son époque.

 


 
 
posté le 27-08-2018 à 01:55:10

Jeanne et le Gros Marteau

Tremblay et fils est mon premier roman publié (1996) et je lui accorderai un peu plus d'espace plus tard. J'attire votre attention vers le dessin de la page couverture. C'est le seul de mes romans avec une image représentant une scène du livre.

Le dessin a été réalisé par une femme de la ville de La Tuque, suivant à la lettre mon idée. Je lui avais donné l'extrait, afin qu'elle puisse imaginer un dessin fidèle à la scène.

 


 
 
posté le 24-08-2018 à 08:08:23

Résumé : Quand on s'aime bien tous les deux

QUAND ON S’AIME BIEN TOUS LES DEUX

RÉSUMÉ

En 1966, la vie quotidienne de deux malchanceux en amour, âgés, obèses et laids. Max est le propriétaire d’une tabagie et Betty travaille dans une manufacture de couture. Soudain, le destin les fait rencontrer pour une première fois, même s’ils sont tous deux nés dans la même ville et la même année. Un coup de foudre hors de l’ordinaire les unit, selon des conventions vieillottes et un goût pour la petite culture de divertissement, dont la musique hawaienne, le chanteur de charme Yvan Daniel et les sports amateurs.  Témoin : la poète Suzanne, touchée par la générosité de cœur de l’homme et la femme. Mais le destin ne permettra pas au couple de réaliser un rêve de mariage. Suzanne, par sa plume, célébrera un si grand amour et le présentera à la population entière du Québec, tout en permettant un peu à Betty d'oublier le décès de son homme.

 


 
 
posté le 21-08-2018 à 06:58:51

Cassettes et émotion

Les Baveux raconte l'histoire d'un groupe de jeunes des années 1970, inséparables en amitié, turbulents et fêtards à l'extrême. Cette bande est constituée de garçons et d'une seule fille, grassette et pas très jolie, surnommée Baril. Le chef de la bande, Intel, en devient graduellement amoureux, mais ne lui avoue jamais et n'en parle pas à ses copains. Orgueil mâle maladroit : que diraient les autres s'ils apprenaient qu'il aime une fille moche?

La vie adulte rattrape les inséparables, qui se dispersent au début de la décennie 1980. Intel garde un contact sporadique avec un seul des garçons. Malchanceux en amour, Intel pense sans cesse à ce sentiment non avoué à Baril.

 


 
 
posté le 18-08-2018 à 06:38:03

Secret d'un titre

Le véritable titre de ce roman était Le siècle dumodernisme. VLB Éditeur était d'accord, jusqu'au jour où l'assistante éditrice m'apprenne que le distributeur n'était pas du même avis. Un éditeur chialant contre mes titres, j'en ai croisé souvent, mais pas un distributeur ! Semble-t-il que ces gens avaient menacé de boycotter un roman avec Le siècle du modernisme comme titre.

Alors, au téléphone, la femme et moi cherchions un autre titre. J'avais à ma portée mon stylo et un bout de papier et j'écrivais nos suggestions. Puis je lui demande de me relire le texte résumé que l'on pourrait voir à l'endos du bouquin. Il y était écrit : "Le siècle du modernisme sera bientôt une réalité. Ce sera formidable!" Alors, j'avais bondi : "Le voilà, notre titre!" En temps normal, j'aurais dû jeter ce papier, mais je l'ai conservé, pensant que ces moments de recherche au téléphone étaient quelque chose que je ne pourrais oublier. J'ai très bien vécu avec ce titre jovial. 

 


 
 
posté le 13-08-2018 à 22:21:08

Loulou

Un personnage attachant, apparaissait dans le seconde partie des Fleurs de Lyse, comme contrepartie rock au monde macramé (Baba Cool) du café la Pitoune."Mais vous avez une grande imagination, monsieur Bergeron! Où trouvez-vous vos idées ?" Je jure sur mon honneur que la rencontre entre Clément et Loulou est véritable, que j'avais échangé quelques minutes avec cette fille capotée qui décapsulait les bouteilles de bière avec ses dents. Un exercice que je n'ai jamais pu oublier !

 


 
 
posté le 10-08-2018 à 18:01:09

Patate !

Le patois de Renée "Caractère" Tremblay est Patate! Elle le dira toute sa vie. À l'origine, le mot apparaissait très souvent dans la seconde partie de L'Héritage de Jeanne. En cours de route, j'ai décidé de varier la sauce, mais j'ai continué à utiliser le mot. J'ai alors écrit des variations sur deux bouts de carton et, quand l'écriture informatique du texte a été terminée, j'ajoutais une des variations, en indiquant le numéro de la page. La plupart sont présentes une seule fois. Quelques autres reviennent deux fois, mais j'ai bien fait attention de ne pas répéter ces cas trop près l'un de l'autre. Petit truc technique auquel le lectorat ne doit pas imaginer en lisant le roman. Les gens ont apprécié les Patates de Renée. Un extrait ? Voici !

 


 
 
posté le 07-08-2018 à 05:05:25

Gaspard le fou

De tout ce que j'ai écrit dans ma vie, Les secrets biengardés figure parmi mes trois créations favorites, bien que ce texte ne sera sans doute jamais publié. Nous sommes en Nouvelle-France au début du 18e siècle, où trois frères insupportables sont flanqués de quatre soeurs qui ne valent pas mieux. Mais leurs pires aspects demeurent secrets... et seuls les lecteurs et lectrices sont au courant.

Enfant, Gaspard avait décidé de son avenir : il serait un médiocre, un atroce, une abomination dans le domaine choisi : troubadour ou amuseur public. Notons qu'il le fait volontairement, certain que sa médiocrité ferait rire les gens et lui permettrait de vivre des aventures partout dans la colonie. Autre aspect de Gaspard : il déteste les Français, bien que sujet français lui-même. Ceci était une réalité pour les gens nés au Canada et n'appréciant pas les nobles de France qui venaient brièvement en Amérique pour s'enrichir et repartir.

 


 
 
posté le 06-08-2018 à 05:13:51

Québec Loisirs

Mon premier éditeur avait des relations presque automatiques avec l'organisme Québec Loisirs. Il s'agissait de la branche locale de France Loisirs, vendant des livres par la poste. Les cinq premiers romans de la série Tremblay ont été acceptés par QL. Rien à redire sur la promo de ces gens : les romans, lors de leur sortie, avaient droit à la une du catalogue, comme le démontre l'illustration ci-haut. La version informatique du catalogue présentait des reportages avec des auteurs et je fus le premier à m'y frotter.

Un des avantages est que les livres pouvaient rejoindre des gens n'ayant pas accès à des librairies. Par exemple, les habitants d'un village d'une région isolée. Malgré le nom Québec dans leur raison sociale, le catalogue atteignait aussi le Canada entier et cela devenait intéressant pour les francophones d'une province anglophone n'ayant pas de livres en français en librairie ou sur les étagères de leur bibliothèque municipale. J'ai déjà reçu un courriel d'une femme d'Acadie et elle avait acheté mon roman grâce à Québec Loisirs.

 


 
 
posté le 03-08-2018 à 05:17:26

Quand Joseph rencontre Marguerite

Parfois, il y a des phrases qui surgissent de mon stylo et qui m'étonnent. C'est le cas de cet extrait de Ce seraformidable. Bien sûr, il avait été prévu que mon héros Joseph, alors âgé de 14 ans, rencontrerait celle qui, plus tard, deviendrait son épouse, Marguerite, du même âge. Il y a donc un échange de banalités pour faire connaissance, mais quand la jeune fille nomme les membres de sa famille, Joseph est étonné, lui demande de répéter, puis commet une bourde qui m'a alors fait éclater de rire. J'étais alors dans un café et j'ai l'impression que la clientèle complète m'a regardé, se demandant pourquoi je riais. Voici !

« C’est quoi, ton nom?

 


 
 
posté le 01-08-2018 à 07:39:36

Feuilleton

J'ai eu droit à trois de mes romans publiés en feuilleton dans le journal Le Nouvelliste, de Trois-Rivières. Parce qu'ils m'aimaient ? Non, parce que l'éditeur a donné le premier gratuit, le second à demi prix, tout comme le quatrième. J'ai ainsi lancé la vague des auteurs de la région publiés de cette façon. Deux autres ont suivi.

Est-ce que ceci a fait gonfler les ventes en librairie? Pas du tout. Pourquoi payer pour acheter un roman quand on peut le lire gratuitement dans le journal ? J'ai surtout vécu des frustrations à cause de cette initiative, lors des salons du livre de ma ville.