Mario Bergeron, romancier du Québec

posté le 28-10-2019 à 02:04:47

Gros-Nez et la princesse Lilliput

 

 

Le mendiant Gros-Nez est un homme de coeur, libre et n'aimant pas les conventions sociales, particulièrement en ce qui concerne tout être marginal. Voilà ce qui se passe, alors qu'au début du 20e siècle, il trouve un emploi temporaire pour aider des forains à dresser des tentes, en vue de l'Exposition agricole de Trois-Rivières. Il rencontre alors une naine, parlant un peu le français et fait preuve de bonté à son endroit.

Cet extrait porte beaucoup la marque de ma thèse de doctorat sur cette exposition, incluant la vie et les coutumes des forains, la réaction du public envers les 'curiosités humaines' montrées sous tente, mais surtout pas en public.

 

 

 

Joseph, pour sa part, ne pense qu’au pavillon industriel, débordant d’objets modernes. Le voilà scintillant, aux côtés de l’épouse portant sa plus jolie robe, veillant sur ses enfants pour qu’ils se comportent avec civilité. Cette famille est imitée par des dizaines d’autres, marchant à petits pas vers le terrain du coteau. La respectabilité demeure de mise pour un tel événement, alors que les forains vivent dans des trains, des roulottes usées, mal vêtus, ayant peut-être des enfants illégitimes ou s’adonnant à des vices effroyables. Ils apportent de la joie à ceux de l’autre clan.

 

« Toi, Big Nose, big aussi avec the bras.

- Alors là, tu me lances comme un compliment, petite.

- Petite ! I like ça !  Moi, petite, toi, big bras. Moi dire because what is swell est swell. Moi pas… heu… heu… Make romance, you know.

- Une bague au doigt ? Tu es mariée, petite ?

- Yes ! Beau man too ! Lui, travailler dime museum New York. J’ai picture pour montrer toi. »

 

Gros-Nez se promènerait certes aux bras de cette jolie naine, mais elle est autant minuscule que lui trop grand. Sur le placard coloré et criard devant sa tente, elle est désignée comme la princesse de Lilliput. Elle porte d’ailleurs une couronne qu’elle dit avoir payée deux dollars à Philadelphie, sa ville natale. Tous ces êtres inhabituels deviennent, dans l’univers forain, des princes, marquis, reines, généraux de pays fictifs, mais aux noms si délicieusement exotiques que le public n’y voit que du feu.

 

La princesse de Lilliput, fort distinguée, chante un air d’opéra de son pays en s’accompagnant sur une harpe à sa mesure. Cette femme de sang royal a promis à sa petite sœur, trois fois plus grande qu’elle, un joli souvenir du Canada. Gros-Nez, qui a aidé ce concessionnaire forain à dresser trois tentes, veut certes accompagner la naine au centre-ville, même si le patron interdit à ses « freaks » de trop se mêler à la population. « Toi, petite, c’est différent : tu es une princesse. »

De loin, les gens croient que le quêteux se balade avec une fillette. À mesure que le duo avance, la surprise se mêle au dégoût. Une naine sous une tente : d’accord ! Mais pas dans la rue, tout de même ! Gros-Nez connaît la souffrance cachée de tous ceux qui ne répondent pas aux normes acceptables. Il se souvient avec émotion d’une femme à barbe, hautement intelligente, qu’il avait rencontrée aux États-Unis au cours de sa jeunesse, et qui était obligée de vivre loin de la foule et des plaisirs de la liberté. Les photographies que ces artistes des tentes vendent d’eux-mêmes les représentent toujours dans des décors riches et de bon goût, comme pour illustrer qu’ils sont comme tout le monde.

Au grand magasin Fortin, la petite cherche ce qui pourrait être typiquement canadien, mais conclut que c’est la même chose que dans les commerces américains. Une poupée ? Banal ! « T’as qu’à lui dire que la poupée parle français et ce sera canadien. » Bonne idée ! Au restaurant de Joseph, la naine sème l’effroi chez l’aînée. Quelques badauds, ayant vu entrer l’étrangère, regardent par les fenêtres. Joseph ne s’en offusque pas et prend la relève de sa fille. Heureux de recevoir une princesse, même s’il se demande où est situé Lilliput. « Vingt milles au nord de Philadelphie, mon Ti-Jos. »  Peut-être que le jeune restaurateur s’attend à voir la princesse se lever pour danser et chanter. « Sans sa harpe, elle ne fera rien de tel, Jos. »

 

Pour la rigolade, il faut compter sur l’homme tronc, qui ne fait jamais rien à moitié, spécialiste des pirouettes les plus incroyables. Il peut aussi jouer de l’harmonica en enfouissant l’instrument dans sa bouche, puis parler à haute vitesse. D’ailleurs, l’affrontement de mimiques entre cet homme et Gros-Nez a semé des rires incessants dans l’équipe, jusqu’à ce que le patron arrive pour rappeler au Canadien qu’il a été engagé pour faire les courses et tenir la tente propre. L’homme ordonne au quêteux de le suivre pour, en toute intimité, le sermonner parce qu’il a osé transgresser son ordre en sortant du terrain de l’exposition avec la naine. Gros-Nez, qui n’a jamais accepté ce type d’autorité, décide de s’en aller. Informée, la princesse assure qu’elle va déclencher une grève. Le Canadien conseille de ne pas mettre ce projet à exécution. « Vous avez votre univers, tout comme moi. Nous sommes les troubadours de la bonne humeur pour les gens qui se contentent de faire partie de la masse. Nous avons fait une belle promenade, petite ? Mangé un bon repas chez Joseph ? Voilà ce qui importe. »

 

Le soir même, Gros-Nez est présent parmi le public, aux côtés de Joseph et de son fils, désireux d’entendre la princesse jouer de la harpe. L’épouse et les deux filles ont refusé d’entrer sous la tente et attendent en faisant les cent pas. « Leur normalité, ce sont eux. Tout ce qu’il y a à l’extérieur devient anormal, dont la méchanceté, les préjugés, les moqueries. Au fond, je les envie. Tu m’imagines faisant partie d’une troupe comme celle-là, Ti-Jos ? Je deviendrais le Prince Slovito, l’homme qui a le plus gros nez de l’univers. Bon ! Salut, Joseph ! Je pars dès ce soir. » Les lumières foraines s’éteignent une à une pour signifier la fin de la fête, alors que le quêteux marche en équilibre sur les rails, sifflant une mélodie de la petite harpiste, attendant un train de marchandise. Dans une baraque, une jeune américaine verse une larme : « Princess Petite… I like that! »

 

Tags: #gros-nez
 


 
 
posté le 14-10-2019 à 05:24:40

Sweetie

 

 

Sweetie Robinson est une jeune américaine, arrivant à Trois-Rivières pour retrouver ses racines, car sa défunte mère était une femme de la ville. Sa première rencontre : avec Jeanne Tremblay. Les deux deviennent d'immenses amies. Sweetie est une pianiste de salle de cinéma très douée, admiratrice du jazz naissant et de ragtime. Elle trouve rapidement un emploi à la salle de l'Impérial, où elle devient une vedette au même titre que les comédiens sur l'écran.

Jeanne et Sweetie vivent à toute vitesse du mauvais côté de la route, goûtant les plaisirs de la vie : boire, danser, fumer, ne jamais regarder l'heure. Elles adorent les vedettes de cinéma telles Clara Bow, Colleen Moore et la Québécoise Pauline Garon. Ce sont des flappers, terme anglais que j'ai préféré au mot français Garçonne. Pourtant, Sweetie fait preuve d'une grande rigueur quand il est question de son travail de pianiste.

L'amitié de Jeanne pour Sweetie devient de l'amour, chose particulièrement terrifiante au cours des années 1920. Il y aura rupture, puis retrouvailles à Paris, au cours de la décennie 30 (dans le roman suivant, Le destin de Jeanne), où l'Américaine retrouve une Jeanne de plus en plus confuse,  menant vers un bris définitif.  Voici un extrait de Perles et chapelet.

 

 

 

Le soir, Sweetie se déchaîne au piano, jouant un jazz infernal sur une comédie d’Harold Lloyd. Les gens rient et hurlent leur bonheur d’entendre l’Anglaise. À la sortie, elle fume, mâche de la gomme et donne en spectacle ses vêtements. Nous entrons au bar secouer plusieurs demiards de bière, tout en riant fort et en sifflant les garçons. Le patron nous tolère, car son établissement s’est rempli de clients arrivant de l’Impérial, suivant Sweetie dans l’espoir de l’entendre s’exécuter au piano du bar. Ce qu’elle fait, le mégot aux lèvres et le verre sur le coin de l’instrument. Sweetie jazze et ses courtes mèches virevoltent en tous sens. Alors, les gens la portent en triomphe et lui offrent une autre consommation. Sweetie empoigne le verre et boit son contenu d’un seul trait. Les dix-huit garçons autour applaudissent en lui faisant trente-six propositions. Elle les chasse tous pour rester en tête-à-tête avec moi.
 


Commentaires

 

1. anaflore  le 14-10-2019 à 11:18:43  (site)

certains canadiens viennent en bretagne pour chercher leur racine ....Hey

2. Marioromans  le 14-10-2019 à 19:29:17  (site)

Les navires de France pour le Nouveau Monde partaient de Bretagne.

 
 
 
posté le 01-10-2019 à 22:09:43

Les cinglés de la Pitoune

 

 

Les personnages des Fleurs de Lyse sont tous caricaturaux de la jeunesse des années 60 et 70. Ces derniers le sont davantage que les précédents. La Pitoune est un café-restaurant établi dans l'ancien Petit Train de la famille Tremblay. Des jeunes excessifs y prennent racine et deviennent le folklore du lieu.

 

 

 

CLÉMENT : Le propriétaire. Jeune homme d'affaires dans la vingtaine, très terre à terre. Il allait en voir de toutes les couleurs!

 

 

DUR : Ancien compagnon d'études de Clément et co propriétaire de la Pitoune. Gaillard costaud, il ne pense qu'au football (Pas le soccer : le vrai football nord-américain). Responsable des achats, des courses et de la discipline du lieu. Célèbre pour son patois : Pénis.

 

 

LYSE : Cuisinière hors-pair et âme de la Pitoune. Féminsite, excessive, mais avant tout, elle porte l'étendard de l'indépendance du Québec et ne vit que pour la culture de son peuple. Sera la cauchemar de Clément.

 

 

DANIEL LANDRY : Il y aura trois DJ à la Pitoune, mais ce Daniel est celui qui sera en poste le plus longtemps, faisant tourner des gigues et des disques de folklore.

 

 

POPEYE CASTONGUAY : Pusher officiel de la Pitoune, toujours dans les vapes et installé près d'un antique poêle à bois où il cache ses joints etc. Tout près de ce meuble, il y a...

 

 

ACIDE : Vieille chatte qui est un jour entrée dans la boîte et s'est installée sur le poêle et adoptant Popeye comme maître. La clientèle de la Pitoune ne cessera de lui faire bouffer des biscuits et des gâteaux.

 

 

LOULOU : Petite amie de Clément et personnage très joual et rock & roll. Rockeuse anachronique dans l'univers macramé de la Pitoune.

 

 

MAO : Chômeur syndicaliste et communiste. Au cours de mon adolescence, j'ai connu un gars portant ce surnom et il avait une bonne raison d'en être fier, puisque M A O étaient ses véritables initiales : Marc-André Ouellet.

 

 

JEAN-MICHEL MICHEL : Metteur en scène de théâtre amateur, se spécialisant en créations collectives.

 

 

SYLVIE GAUTHIER : Croque dans tous les interdits et prêtresse de l'amour libre. Petite-fille de la peintre Jeanne Tremblay et future maman du personnage vedette du roman suivant : Des trésors pour Marie-Lou. Comédienne de la troupe de Jean-Michel Michel.

 

 

NELLIGAN VEILLETTE : Poète raté et paresseux. Beau garçon, les filles de la Pitoune sont dingues de Nelligan. Cauchemar de Loulou.

 

 

JACQUES PELLERIN : Chansonnier officiel de la Pitoune et créateur de nombreuses chansons célébrant Trois-Rivières et le Québec. Un clin d'oeil à un véritable chansonnier de l'époque.

 

 

JÉSUS TOUPIN : Le dingue par excellence du catholicisme. Il est certain d'être le véritable fils de Dieu.

 

 

AH BEN COUDON : Trio folklorique barbu se produisant sans cesse à la Pitoune, avec Sylvie comme chanteuse.

 

 

ANNE-MARIE : Adolescente arrivant tardivement dans le décor, alors que la Pitoune est en déclin. Nous sommes en 1979 et elle vit les mêmes trucs que ses prédécesseurs. Clin d'oeil à une véritable demoiselle prénommée Anne-Marie que j'ai connue à l'université.

 

 

 

Pour les extraits, voir :

 

 

Pour Loulou :

 

http://marioromans.vefblog.net/14.html#Loulou

 

Pour Popeye Castonguay :

 

http://marioromans.vefblog.net/13.html#Les_chats_de_mes_romans

 

Pour Nelligan Veillette :

 

http://marioromans.vefblog.net/29.html#La_nuit_de_la_poesie_a_la_Pitoune

 

Pour Lyse :

 

http://marioromans.vefblog.net/18.html#Lyse_la_quebecoise

Tags: #pitoune
 


 
 
posté le 21-09-2019 à 06:03:34

Une aventure de bébé

 

 

Voici le plus jeune personnage de toutes mes créations. Un chapitre complet de Une journée, une rue, cent personnages, le meilleur de tous mes romans.

Le bébé ouvre doucement ses yeux, étonné de ne pas voir sa mère et de constater que la pièce est encore plongée dans la noirceur. La fillette se sent si bien qu’elle ne pleurniche pas. Elle tourne la tête, agite ses petits doigts vers son chien de peluche, cadeau de sa grand-maman. Elle étire les bras, bâille. Le silence passe près de la faire retourner dans son doux sommeil. Dormir longtemps? Une bonne idée, sans doute, mais un réflexe inhabituel l’habite : descendre seule de ce lit. Quel défi de taille!        

Elle se redresse, regarde au travers des barreaux. Si haut! Très souvent, elle a vu sa mère ouvrir la cage en soulevant deux crochets, dans le coin droit, l’un en haut et l’autre en bas. Elle les voit. Celui du bas ne lui cause aucun problème. La petite se dresse, tend la main vers le sommet, mais tombe sur le confort de sa couche. Elle recommence deux fois, avant de réussir. Elle pousse un peu avec ses pieds, voit le mur de barreaux s’éloigner un peu. Elle demeure surprise de son exploit, mais hésite à approcher du vide.         

Le bébé s’assoit sur le bord du matelas, ses jambes balançant dans le néant. Elle regarde le plancher, sent que la distance semble immense. Assurément, elle se ferait mal. La petite se traîne et va chercher le chien, qu’elle jette en bas. Ça n’a même pas mené le moindre bruit. Pas si haut, après tout! Boum! Touchant le sol, elle perd l’équilibre par l’arrière, mais le chien amortit le choc. Les chiens, véritables ou de peluche, sont les meilleurs amis de l’homme et aussi des bébés. L’enfant demeure assise, stupéfaite, avant de regarder le lit, qui lui paraît plus imposant que la maison entière. Elle a réussi l’aventure dangereuse de descendre, comme une grande fille. Elle ricane, et, folle de joie, suce son pouce.        

Elle rampe un peu, ivre de liberté, mais perd sa pantoufle droite. La remettre en place relève de la science la plus complexe qu’elle puisse imaginer. Par contre, retirer l’autre est un jeu de poupon. Avec ses mains, elle rejoint ses orteils, les touche une à une, comme si elle les comptait. Soudain, un petit rot la fait sursauter. La belle aurait le goût de sa sucette, demeurée dans le lit. Elle approche, garde silence comme si elle réfléchissait. Puis elle tire sur un bout de couverture, pendante. Trop difficile! Elle rechigne un peu, avant de se rendre compte que ses doigts sont aussi délicieux à sucer.   Maintenant, l’enfant doit faire face à un autre problème : la noirceur. Chaque matin, sa mère ouvre le store, assure qu’une belle journée s’annonce. La fillette approche de la fenêtre. Aussi haut que trois montagnes! Elle observe et son instinct lui jure que c’est impossible, que le store représente une invention destinée aux mamans. La petite jette un furtif coup d’œil vers une chaise. Non, vraiment trop ardu de pousser ce meuble, grimper dessus et ouvrir le store. Il y a une mince lueur s’échappant de chaque côté. Elle constate alors que sa chambre n’est pas si sombre. Elle décide que la meilleure façon de débuter une journée consiste à jouer.         

Le bébé se lève, tombe encore sur ses fesses, puis décide que marcher sur ses deux pieds est aussi une invention pour les mamans, pour son père et son grand frère. Ça ne la concerne pas. Tout va beaucoup mieux à quatre pattes, à la manière du chat de la famille et du vieux cabot de sa grand-mère. La seule façon valable de se déplacer. La voilà face à la commode, où sont rangés militairement les poupées et les animaux de peluche. C’est trop haut! Crier ne servira à rien et pleurer non plus. Il doit bien y en avoir un par terre… Gagné! Elle voit une poupée de chiffon sous la commode. Facile de s’y glisser et d’en sortir avec le jouet. La fillette traîne d’abord la poupée vers la fenêtre, avant de recommencer ce travail avec le chien. Assise confortablement sur sa couche pleine de caca, elle assomme le chien sur le plancher à quelques reprises, tout en riant, avant de le projeter au loin. Elle regarde les yeux de la poupée, puis enfonce avec force ses doigts dans ces trous, avant de lui tirer les cheveux. Elle la lance, pour savoir si le jouet aboutira plus loin que le chien. Ensuite, elle se traîne pour les chercher. Quel plaisir! Quel bonheur de jouer seule, sans avoir sa mère pour la surveiller, en train d’agiter une poupée en répétant inlassablement des mots impossibles à prononcer.  Marmonner sans précision papa et maman sont des mots acceptables pour un bébé de son âge. Que lui importe le reste du langage! Encore une invention pour les vieux!          Soudain, elle s’immobilise et sent un court jet d’urine la ravir. C’est chaud et si bon! Le bonheur! Maman va tout nettoyer. Le bébé sentira la poudre des milles à la ronde. La fillette adore l’eau sur son petit corps, surtout que sa mère chante toujours pendant cette tâche. L’enfant délaisse ses deux jouets, à la recherche d’un troisième. Rien à faire, cette fois. Elle sursaute en entendant la porte de la chambre s’entrouvrir. Le chat! Il ignore la petite maîtresse, se dirige vers la fenêtre. Elle l’y rejoint, agite les mains pour attirer son attention. L’animal la renifle, se frotte contre son corps, mais refusera sans doute de se faire projeter au loin. Elle n’arrive pas à capturer sa queue, désireuse de l’enfoncer dans sa bouche.         

Le chat la sidère en posant le geste le plus surprenant qui puisse exister : il saute vers la fenêtre, se faufile derrière le store, dégageant ainsi un peu plus de clarté. Comment a-t-il pu réussir un tel tour d’acrobatie, lui qui est beaucoup plus petit? Sa jeune vie déborde de mystères inexplicables. Intriguée, la fillette regarde fixement dans la direction de l’animal. Elle se lève, émet quelques sons, puis dit : « Nou ». Ah? Un troisième mot? Minou? Rien n’arrête le progrès! Qui sait si dans plusieurs jours, elle ne s’exprimera pas comme son frère, un vieillard de six ans? Il en sait des choses, ce garçon! Cela ne l’empêche pas de s’asseoir par terre et de jouer avec elle. Il distribue des grimaces et elle agite les pieds et les mains, prise d’un fou rire. Quel joyeux drille, ce grand frère!         

La princesse penche la tête quand le chat se lave le dessous de ses pattes. Elle tente de l’imiter, mais son expérience est interrompue quand l’animal descend de son perchoir. « Nou! Nou! Nou! » Cet indépendant l’ignore et marche nonchalamment vers la porte. Fâchée, elle se traîne vers sa poupée, davantage obéissante que ce tas de poils. Soudain, elle entend des bruits venant de l’extérieur. « Maman! » Plutôt le frère, ce héros si drôle! Quand elle lui dira « Nou », il se sentira très content et l’invitera à s’amuser.

Tags: #bébé
 


Commentaires

 

1. ANAFLORE  le 21-09-2019 à 11:01:44  (site)

Jolie photo du jour

2. elena13  le 21-09-2019 à 12:01:49  (site)

Bravo pour la photo du jour !!!

3. chocoreve  le 23-09-2019 à 07:30:47

Voila qui est attendrissant ! une Jolie petite aventure, et qui est intemporelle.
Une pantoufle ? c est un chausson, chez nous, une chaussette chez vous j imagine ?

4. Marioromans  le 23-09-2019 à 18:13:16  (site)

Enfin, quelqu'un qui lit le texte au lieu de regarder la photo et s'en aller.

Oui, un chausson. Chaussette de nuit ayant un peu la forme d'une chaussure.

 
 
 
posté le 12-09-2019 à 05:23:17

Résumé : En attendant Joseph

 

 

EN ATTENDANT JOSEPH
   

RÉSUMÉ :

            Le joyeux Isidore Tremblay, naïf, homme à tout faire et talentueux violoniste de gigues irlandaises, épouse la toute jeune Émerentienne Dubois, dans le but de fonder une grande famille. L’adolescente partage cet objectif : elle veut bercer douze enfants et tient à donner le prénom de Joseph à un des garçons. Après quelques années de mariage, Émerentienne se montre une mère excessivement sévère, une femme intransigeante, contrôlant tous les aspects de la vie de son mari et de ses enfants. Xénophobe, avaricieuse, l’imposante Émerentienne fait peur à tout le monde. Le seul aspect où Isidore a autorité sur elle est lorsqu’il refuse obstinément qu’un des enfants soit baptisé Joseph. Il y pense avec la même force qu’elle désire son Joseph.

            Les enfants devenus grands, certains se révoltent en douce contre leur mère, pendant qu’Isidore se met à détester son épouse. Avec onze enfants, malade, ayant atteint la quarantaine, voilà Émerentienne de nouveau en attente. La délivrance s’avère fatale et c’est une femme mourante qui repose dans le lit d’accouchement, son garçon entre les bras. Bouleversé, Isidore lui accorde enfin son souhait : le petit sera baptisé Joseph.

 

CARACTÉRISTIQUES :

            Une comédie de mœurs, une histoire très concentrée sur la famille, avec la présence de deux rebelles, puis d’un incroyable enfant mal-aimé. Émerentienne est le type même de personnage que les lecteurs aimeront détester, tant ses défauts sont criards. En même temps, il y a un aspect fascinant et attachant chez cette femme. Isidore, pour sa part, est le type même du « bon gars ». 

            La période historique (1840-1870) est celle de la montée du catholicisme ultramontain, des premiers campements de bûcherons dans le haut Saint-Maurice et la naissance de vilains mots toujours en usage de nos jours. On voit aussi Trois-Rivières devenir une ville, puis l’arrivée du chemin de fer, de l’éclairage au gaz dans les rues.

            Le roman est une chronologie divisée selon les saisons. On compte donc quatre parties. Il y a de nombreux dialogues, un certain langage ancien (sans être cependant du joual). La narration se fait autant à la première personne (par Émerentienne) qu’à la troisième (L’auteur et les passages descriptifs, présentés en italique). Le roman a autour de 430 pages.

 

 

 

 

NOTES :

Les articles présentés dans la catégorie des résumés sont, en réalité, des couper-coller  provenant d'un fichier où je présente tous mes romans, publiés ou non, et dont je me sers quand je suis à la recherche d'un éditeur. Il s'agit d'un catalogue de mes créations. Ceci m'avait été recommandé par la romancière Pauline Gill, comme indiqué dans l'article suivant. 

Tags: #résumé
 


Commentaires

 

1. chocoreve  le 13-09-2019 à 17:11:54

Il y a des personnes rencontrées au cours d une vie qui nous apportent beaucoup, et souvent sans s en rendre compte.

2. Marioromans  le 13-09-2019 à 18:20:16  (site)

Tu sais, je n'ai rencontré que très peu d'auteurs désagréables. La majorité étaient des personnes aimables.

 
 
 
 

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