Mario Bergeron, romancier du Québec

posté le 24-08-2018 à 08:08:23

Résumé : Quand on s'aime bien tous les deux

 

 

QUAND ON S’AIME BIEN TOUS LES DEUX

 

 

RÉSUMÉ

            En 1966, la vie quotidienne de deux malchanceux en amour, âgés, obèses et laids. Max est le propriétaire d’une tabagie et Betty travaille dans une manufacture de couture. Soudain, le destin les fait rencontrer pour une première fois, même s’ils sont tous deux nés dans la même ville et la même année. Un coup de foudre hors de l’ordinaire les unit, selon des conventions vieillottes et un goût pour la petite culture de divertissement, dont la musique hawaienne, le chanteur de charme Yvan Daniel et les sports amateurs.  Témoin : la poète Suzanne, touchée par la générosité de cœur de l’homme et la femme. Mais le destin ne permettra pas au couple de réaliser un rêve de mariage. Suzanne, par sa plume, célébrera un si grand amour et le présentera à la population entière du Québec, tout en permettant un peu à Betty d'oublier le décès de son homme.

 

CARACTÉRISTIQUES           

Un roman de près de trois cents pages environ, avec les dialogues à quatre phrases, puis un peu de joual dans les coins. Un récit très simple, amusant, touchant. L’histoire est une modification de textes présents dans mon roman secret Horizons.

Tags: #amour
 


Commentaires

 

1. chocoreve  le 26-08-2018 à 15:07:05

Pourquoi précisément en 1966 ?
un récit simple, comme une vie simple ... on a quelque fois l'impression que sa propre vie, ne peut intéresser personne, et pourtant si ! ... suffit de rencontrer une Suzanne ...

2. Marioromans  le 26-08-2018 à 19:46:56  (site)

Pourquoi 1966 ? Parce que les valeurs de mariage et de fonder une famille, les deux rêves jamais réalisés par Max et Betty, étaient davantage importants en société, selon leur éducation catholique,
Aussi, je suis davantage à l'aise avec les récits du passé, car je suis historien.

 
 
 
posté le 21-08-2018 à 06:58:51

Cassettes et émotion

 

 

Les Baveux
raconte l'histoire d'un groupe de jeunes des années 1970, inséparables en amitié, turbulents et fêtards à l'extrême. Cette bande est constituée de garçons et d'une seule fille, grassette et pas très jolie, surnommée Baril. Le chef de la bande, Intel, en devient graduellement amoureux, mais ne lui avoue jamais et n'en parle pas à ses copains. Orgueil mâle maladroit : que diraient les autres s'ils apprenaient qu'il aime une fille moche?

 

La vie adulte rattrape les inséparables, qui se dispersent au début de la décennie 1980. Intel garde un contact sporadique avec un seul des garçons. Malchanceux en amour, Intel pense sans cesse à ce sentiment non avoué à Baril.

 

Atteignant la soixantaine, Intel et son sporadique rencontrent par hasard un de la bande. Les trois hommes se mettent en tête de retracer les trois absents. Pas une mince affaire! Réussite pour un, qui se joint à l'équipe de recherche. Il va de soi qu'Intel espère tant et tant revoir Baril. Il avoue son amour à ses amis, compréhensifs, ce qui les motive davantage à relocaliser la femme.

 

Le défi enfin relevé, ils laissent Intel faire face à Baril, vivant très pauvrement dans un taudis. L'émotion du miracle secoue chacun. Baril n'est pas difficile à convaincre de retourner avec eux à Trois-Rivières. Quelques jours plus tard, il y a un déménagement et Intel fait une découverte stupéfiante, indice que Baril non plus ne l'avait jamais oublié.

 

Avant de présenter l'extrait : retour vers le passé. Jeune, Intel était un maniaque de musique rock et passait son temps à enregistrer des cassettes qu'il donnait à ses amis. Mais voilà que près de cinquante années plus tard...

 

.

 

 

Baril transporte des sacs de vêtements de la chambre à la camionnette. Je la suis avec entre les bras des boîtes. Soudain, je trébuche et le contenu de la boîte supérieure s’étale sur le plancher. J’ai alors la stupéfaction émotive de voir une vingtaine de cassettes que je lui avais fabriquées au temps des Baveux. Je les reconnais à cause des titres des chansons tapées à la machine. Le papier est jauni et plusieurs boitiers brisés. J’en prends une et la regarde précieusement.

 

 

 

 « Ça m’permetta’ d’garder l’moral pendant les moments toughs. Ces tapes, c’est ma jeunesse pis mes jours heureux. J’conna’ les tounes par cœur, mais c’pas grave, j’ai jama’ arrêté d’les écouter. Ça m’rapprocha’ des Baveux pis d’toé, mon Intel.

- De moé, Marie?

- Marie, c’l’épaisse qu’a vécu du fuckaillage, la honte, les épreuves pis toutt’ la marde qu’y’alla’ avec. Baril, c’est la fille qui trippa’, avec les meilleurs gars du monde. T’es tu faite mal en tombant?

- C’est la plus étonnante chute de ma vie. »

 


 

Je me sens cloué au silence, regarde les cassettes une à une. Elle s’agenouille, dépose la main sur mon épaule et m’aide à remettre ces objets dans la boîte. « Aie, aie, les kids, pas d’temps à pardre! On a encore du ch’min à faire! » de clamer Sauvage, en riant.

 

 

ÉPILOGUE : Oui, l'amour sera avoué. Intel et Baril formeront un couple heureux. 

Tags: #musique
 


Commentaires

 

1. chocoreve  le 23-08-2018 à 14:14:20

L'histoire dit-elle si Marie est devenue jolie ?
c'est souvent le cas, jeunes les moches deviennent beaux avec l'âge ...
(remarque que je me suis faite)

2. Marioromans  le 23-08-2018 à 19:05:19  (site)

Elle a alors 64 ans, Elle est plus maigre que jadis, mais les traits de son visage sont les mêmes, en ajoutant aussi quelques cheveux gris.

Se joignant à la recherche des quatre autres, c'est elle qui découvrira le sixième disparu,

 
 
 
posté le 18-08-2018 à 06:38:03

Secret d'un titre

 

 

Le véritable titre de ce roman était Le siècle du modernisme. VLB Éditeur était d'accord, jusqu'au jour où l'assistante éditrice m'apprenne que le distributeur n'était pas du même avis. Un éditeur chialant contre mes titres, j'en ai croisé souvent, mais pas un distributeur ! Semble-t-il que ces gens avaient menacé de boycotter un roman avec Le siècle du modernisme comme titre.

Alors, au téléphone, la femme et moi cherchions un autre titre. J'avais à ma portée mon stylo et un bout de papier et j'écrivais nos suggestions. Puis je lui demande de me relire le texte résumé que l'on pourrait voir à l'endos du bouquin. Il y était écrit : "Le siècle du modernisme sera bientôt une réalité. Ce sera formidable!" Alors, j'avais bondi : "Le voilà, notre titre!" En temps normal, j'aurais dû jeter ce papier, mais je l'ai conservé, pensant que ces moments de recherche au téléphone étaient quelque chose que je ne pourrais oublier. J'ai très bien vécu avec ce titre jovial. 

 

 

Tags: #titre
 


Commentaires

 

1. chocoreve  le 20-08-2018 à 15:33:17

Le voilà "notre" titre ? c'est quand même incroyable ça qu'un auteur ne puisse en décider !
Tu as raison, le lecteur ne peut imaginer ça ...
Mais il faut avouer c'est un sacré beau nouveau titre !

édité le 20-08-2018 à 15:33:49

2. Marioromans  le 20-08-2018 à 18:54:46  (site)

La chose m'sst arrivée six fois, dont deux horreurs et un titre que je n'ai jamais prononcé en public, tant je le trouvais stupide.
Comme indiqué dans l'article, j'ai accepté Ce sera formidable.

 
 
 
posté le 13-08-2018 à 22:21:08

Loulou

 

 

Un personnage attachant, apparaissait dans le seconde partie des Fleurs de Lyse, comme contrepartie rock au monde macramé (Baba Cool) du café la Pitoune."Mais vous avez une grande imagination, monsieur Bergeron! Où trouvez-vous vos idées ?" Je jure sur mon honneur que la rencontre entre Clément et Loulou est véritable, que j'avais échangé quelques minutes avec cette fille capotée qui décapsulait les bouteilles de bière avec ses dents. Un exercice que je n'ai jamais pu oublier !

 

Turbulente, criarde, sans-gêne, Loulou ne pensera qu'à transformer la Pitoune en boìte rock, rêvant de casser les disques de folklore pour les remplacer par Led Zeppelin et poursuivra de son mépris le poète raté Nelligan Veillette, le tout à grands renforts de langage joual. En réalité, Loulou annonçait les personnages qui trouveront niche dans mon roman Les Baveux, écrit des années plus tard. Loulou n'apparaît que dans ce roman, mais je crois que je vais la faire revivre dans un projet qui m'attire : un 16e roman de la série Tremblay. Elle sera la mère de mon héros.

 

Dans l'extrait, Clément croit qu'elle a treize ans. En réalité, elle en compte dix-huit.

 

 

 

Le lieu favori de ses souvenirs demeure la plage de l’île Saint-Quentin, à l’embouchure du Saint-Maurice, où il se rendait presque chaque jour avec ses frères et sœurs, ses parents ou Roméo. Le temps a fait des ravages dans ce paradis : le fleuve Saint-Laurent est si pollué qu’on y a interdit la baignade depuis six ans. Les kiosques de musique, les tables à pique-nique, les tourniquets et balançoires sont envahis par les hautes herbes et la rouille. Clément a l’impression qu’on salit son enfance. À la place des joyeuses familles souriantes avec leurs ballons de plage, Clément voit des jeunes désœuvrés qui confondent le chemin ceinturant l’île avec le parcours du Grand Prix de Trois-Rivières, avant de garer leurs bruyantes bagnoles dans le champ, sortir les caisses de bière du coffre arrière et pousser à bout une huit pistes de Led Zeppelin. Ces jeunes sont si différents de ceux de la Pitoune. Des rockers, des vrais de vrais ! Clément entend même un groupe se moquer des « mangeux de graines de la Pitoune ». Il se mêle à cette faune, parcourt l’île dans sa vieille automobile, écoute Jimi Hendrix, comme au beau temps de son séjour en Californie. Il se stationne et sort ses bouteilles de houblon, attend que quelques sangsues viennent le voir pour lui demander s’il a ou s’il veut du hasch. Peut-être pourra-t-il parler de Jimi avec eux.


 

« Viarge ! As-tu d’la biére ? D’la vra’ ? Mes chums, y z’ont jus’ d’la 50 pis d’la biére de vieux.

- J’ai de la Mol.

- Ah, barnaque ! D’la Mol, j’aime ben ça ! Tu m’en donnes-tu une ? »

 

 

 

Cette lilliputienne, couverte de jeans délavés à l’eau de Javel des pieds à la tête, sexy comme une Cadillac 1956, ne doit avoir que treize ans et fait blanchir Clément en décapsulant la bouteille avec ses dents. Elle vide la moitié de la bière en une seule gorgée, s’accoude contre la bagnole et écoute Hendrix, en hochant la tête.

 

 

 « Qu’y’éta’ bon, lui !

- Je l’ai vu en spectacle, en Californie.

- Quoi ? T’as vu Jimi en show ? Baptême que t’es chanceux ! Moé, j’ai tout’ sé’ records pis sé’ posters. Quand y joue l’hym’ national américain, je pisse dans mes bobettes à chaque coup ! »

 

 

Comme elle est belle, cette petite Loulou ! Jolie comme une interdiction, avec ses grands yeux pétillants, ses lèvres charnues incapables de sourire et son nez légèrement prononcé qui lui donne un certain charme étrange. Sans oublier ses petites fesses rondes qui savent si bien faire parler ses jeans. Clément la trouve plus féminine que toutes les filles de la Pitoune réunies. Il va chaque soir à l’île, se gare à la même place, avec ses bouteilles de Molson et une cassette différente de Jimi à chaque occasion. Elle répond sans faute à l’appel du loup, comme une louve en chaleur, mais enrobée de la pudeur de la danse de la conquête.

 

Tags: #rock
 


 
 
posté le 10-08-2018 à 18:01:09

Patate !

 

 

Le patois de Renée "Caractère" Tremblay est Patate! Elle le dira toute sa vie. À l'origine, le mot apparaissait très souvent dans la seconde partie de L'Héritage de Jeanne. En cours de route, j'ai décidé de varier la sauce, mais j'ai continué à utiliser le mot. J'ai alors écrit des variations sur deux bouts de carton et, quand l'écriture informatique du texte a été terminée, j'ajoutais une des variations, en indiquant le numéro de la page. La plupart sont présentes une seule fois. Quelques autres reviennent deux fois, mais j'ai bien fait attention de ne pas répéter ces cas trop près l'un de l'autre. Petit truc technique auquel le lectorat ne doit pas imaginer en lisant le roman. Les gens ont apprécié les Patates de Renée. Un extrait ? Voici !

 

 

« Je travaille, dame !

- Je te parle, vieille patate ! »

 

  Lui qui voulait devenir un grand technicien de la radio, le voilà à faire « guidi guidi » à un vulgaire grille-pain !

         

« Tu comprends, j’ai ce lourd cas sur le cœur : ou je le dis à mon père, ou je continue ma lutte en solitaire. Quand je vois tante Jeanne dans cet état, j’ai l’impression d’être David devant Goliath, sauf que je n’ai même pas de caillou à mettre dans ma fronde.

- Caractère ! Je travaille !

- Patate ! Après tout ce que j’ai fait pour toi ! Ingrat ! Je t’ouvre mon cœur et tu préfères un grille-pain ! »

 

 

Tags: #patois
 


 
 
 

Ajouter un commentaire

Pseudo : Réserve ton pseudo ici
Email :
Site :
Commentaire :

Smileys

 
 
 
Rappel article