Mario Bergeron, romancier du Québec

posté le 27-07-2018 à 06:56:04

Résumé : Les Innocentes en enfer

 

 

LES INNOCENTES EN ENFER

 

RÉSUMÉ :           

Au cœur des années 1960, un veuf, père de trois filles adolescentes, raffole de la musique populaire et décide que sa progéniture atteindra la célébrité en devenant le premier groupe féminin à jouer de ses propres instruments. Ceux-ci achetés, les trois filles se montrent peu douées dans l’apprentissage musical. Le père supervise des répétitions sévères et, lancée sur scène sans être prêtes, la formation, baptisée les Innocentes, devient la risée de leur petite ville. Qu’à cela ne tienne, le paternel insiste avec de plus en plus de sévérité, dépense ses économies pour l’enregistrement d’un microsillon, alors que la vie des adolescentes devient de plus en plus éprouvante et terrifiante, jusqu’à un point de non retour, les incitant à organiser un accident où leur père perdra la vie.           

Des années plus tard, les trois sœurs vieillissantes vivent misérablement, quand soudain, leur lourd passé refait surface à cause d’un jeune ayant trouvé le microsillon dans une brocante, diffusant les chansons sur les ondes d’une radio étudiante, définissant les Innocentes comme le pire groupe de tous les temps. Un gérant, ayant de bons contacts dans tous les médias, offre des services, promptement refusés par les trois femmes, du moins jusqu’à ce que la possibilité de quitter leur pauvreté les incite à accepter. Les Innocentes deviennent la coqueluche des médias, mais le conte de fée bizarre prend fin quand des maladresses du trio sont étalées dans les médias, ainsi que des parties secrètes de leur jeunesse. Il ne reste qu’une solution : le suicide. Mais aussitôt la mort venue qu’une surprise les attendait…  

 

 

CARACTÉRISTIQUES :

 

Mélodrame, comédie et récit cynique, librement inspiré de la véritable histoire des Shaggs. Le roman, de 250 pages environ, est divisé en deux parties distinctes : celle de la jeunesse des Innocentes et de leur cauchemar, et la seconde partie, contemporaine, qui est une mise en pièce sarcastique du monde des médias québécois. Le roman est à la troisième personne. Photo ci-haut : les véritables Shaggs.

Tags: #musique
 


 
 
posté le 26-07-2018 à 06:45:59

Public de France

 

 

Un courriel de 2004, de France. J'avais sans doute répondu à cet homme avant de recevoir ce message, et que je lui aurais dit que c'était innatendu. Des communications du Québec, j'ai ai goûté plusieurs fois. De France, c'est beaucoup plus rare.

Les romans Petit Train et Perles et Chapelet ont été disponibles en France en 1999 et 2000. Un peu plus de 10 000 copies ont été vendues. Au Québec, avec de tels chiffres, je serais sur les palmarès! Mais pour la France, c'était un échec, si bien que l'éditeur européen n'avait pas jugé bon de commercialiser les quatre autres tomes de la série Tremblay.

Peu de résultats avec Ce sera formidable, ainsi que les deux derniers, Le pain de Guillaume et Gros-Nez le quêteux, bien que je sache qu'un usager de la présente plateforme a mis la main sur Gros-Nez. Une femme a tenté d'acheter ces romans, mais la maison de distribution est très moche et peu efficace. Je crois, de toute façon, que la France ne s'intéresse guère à la littérature québécoise (comme à la musique, d'ailleurs.)

Pourtant, un message comme celui-là est une belle indication que les gens de France pourraient s'intéresser à mon travail. Ironique tout de même de penser que ce lecteur ait dû passer par le Québec pour mettre la main sur le livre qui fut disponible dans son pays à peine quatre années plus tôt. Cliquez pour mieux lire.

Tags: #france
 


Commentaires

 

1. anaflore  le 27-07-2018 à 02:39:43  (site)

Bravo pour la photo du jour

2. jakin  le 27-07-2018 à 15:03:29  (site)

Salut Mario, A l'honneur pour ce blog littéraire qui explique le travail que tu accomplis pour rédiger tes livres... Dommage que les structures Franco/canadienne ne développent pas mieux la littérature canadienne.... Je n'ai pu trouver que Le petit train du bonheur et Perles et Chapelet dans une librairie de province....

3. Marioromans  le 27-07-2018 à 19:52:24  (site)

Ce sont les deux seuls qui ont eu un court temps une distribution ; ceux que j'ajoute dans l'article ont été au catalogue. Le Petit Train, je voudrais le voir disparaître de la surface du globe, même les usagés, tant c'est maladroit et que cela ne représente plus du tout ma plume.
Oui, je crois que la francophonie devrait davantage collaborer pour les livres, les disques aussi.

 
 
 
posté le 24-07-2018 à 07:28:53

Quatre générations d'ennemis

 

 

Cela avait débuté dans Tremblay et Fils (et Petit Train), alors que Roméo et son frère Adrien se butent à une famille de garçons insupportables d'une famille Trottier. Tous les p'tits gars ont des ennemis naturels, non ? L'idée était cependant amusante et quand j'ai décidé d'ajouter des romans se déroulant dans le passé de la famille Tremblay, je n'ai pas oublié les Trottier.

La première manifestation se déroule au cours des années 1820 dans La splendeur des affreux, alors qu'Étienne et sa Jenny sont en promenade et que la femme ressent des douleurs annonçant un accouchement. Le couple est loin de la ville et Étienne cogne à la porte d'une maison de ferme pour recevoir de l'aide, que les occupants refusent, leur permettant, cependant de s'installer dans la grange. C'est dans ce lieu qu'est né Isidore. Il va de soi que les vilains étaient les Trottier. Jenny gardera une haine certaine de ces gens.

Dans En attendant Joseph (milieu du 19e siècle), Isidore a du mal avec François Trottier, de son âge, jusqu'aux jours adultes, où les deux hommes s'engueulent et se battent en public.

Prochaine étape : Nazaire Trottier, fils de François, a comme ennemi Joseph Tremblay, dernier fils d'Isidore. Même adultes, les deux hommes ne s'aiment guère. Fin du 19e siècle et dans Ce sera formidable.

Nazaire devient père d'une famille ne comptant que des garçons, dont l'épouvantable morveux Jacques, cauchemar de Roméo et d'Adrien, fils de Joseph. Cependant, ce Jacques accompagnera Roméo à la guerre 14-18.

Fin des conflits. Cependant, dans Les Fleurs de Lyse, au cours des années 1970, Roméo rencontre Jacques, octogénaire, et vivant misérablement dans un foyer pour vieillards.

 

L'extrait, de Ce sera formidable. Après tant d'efforts, Joseph ouvre enfin son commerce, un magasin général de quartier. Le premier client à ouvrir sa porte ? Nazaire Trottier.

 

 

J’ai songé à une grande inauguration, avec le maire et le député installés devant un ruban rouge, prêts à couper et à être applaudis, mais ce serait gênant d’organiser une telle cérémonie avec mes étagères à moitié vides. Je garde cette première pompeuse pour mes rêves et, simplement, un mardi matin, apparaît dans ma porte l’écriteau « Ouvert ». Les gens du quartier attendaient ce moment avec impatience, car plusieurs venaient gentiment fouiner, question de s’informer, de suggérer des produits.

 

 

 « Pas mauvais, ton petit commerce, Joseph.

- Merci, Nazaire. T’es le premier à y entrer officiellement.

- Et je ne viens pas pour flâner! Je veux t’encourager! J’ai besoin d’une livre de clous d’un pouce. Tu en as?

- Le grand magasin moderne Jos Tremblay offre tous les clous inimaginables, de la plus haute gamme de qualité. Ça me fait plaisir de te servir.

- Ennemis de jeunesse, mais amis devenus adultes.

- Ah, les petites batailles de garçons! Il faut en rire aujourd’hui. »

 

 

Je me sens curieusement fier de tendre le sac à cette fripouille de Trottier. Comme premier client, j’aurais préféré quelqu’un de plus intelligent, mais il a raison : oublions les guerres de jadis. Seul son argent m’intéresse.

 

 

 « Tu mets ça sur mon compte, Jos?

- Ton quoi?

- Ben oui. Ouvre-moi un compte.

- Pas de crédit! C’est un magasin moderne, ici! Chacun paie et s’éloigne avec la marchandise.

- C’est ainsi que tu traites tes amis d’enfance? Tu sauras, Joseph Tremblay, que les Canadiens français doivent apprendre à s’entraider pour demeurer forts.

- Paie ou redonne-moi mes clous.

- Je vais aller acheter ailleurs!

- Ailleurs aura fait faillite cent fois en te permettant le crédit! Pendant ce temps-là, j’aurai acheté Fortin et tous les autres commerces des Trois-Rivières!

- Tu ne penses qu’à l’argent! T’es grippe-sou comme ta mère! Je le sais, car mon père m’en a parlé! »

 

 

Je ne pensais pas débuter ma carrière de commerçant avec une chicane, même si Marguerite prétend que je me suis comporté comme un vaurien. J’aime mieux être un vaurien qu’un mou en accordant le crédit à un rat! Surtout à un rat qui a cogné vraiment fort! De quoi vais-je avoir l’air avec mon bandeau de pelures de patates sur l’œil droit, quand entreront les vrais clients?

Tags: #extrait
 


Commentaires

 

1. anaflore  le 24-07-2018 à 09:32:19  (site)

Pour garder les amis la maison ne fait pas crédit !
Bon mardi

2. Marioromans  le 24-07-2018 à 10:18:36  (site)

Oui, sauf qu'à l'époqie du roman, le crédit était monnaie courante, dans les commerces.

 
 
 
posté le 22-07-2018 à 07:34:31

Terminer un roman

 

 

En ce dimanche 22 juillet 2018, j'achève la création d'un roman né en août 2017. Onze mois pour un texte de 300 pages (qui en aura 275 en fichier informatique), c'est beaucoup trop long, mais je me souviens que l'hiver dernier, j'avais traversé des moments nébuleux relativement à ce texte.

 

Il y a un sentiment face à cette création : c'est moyen. Notez bien que je peux changer d'avis. Un de mes textes publié, Les Bonnes soeurs, je le trouvais aussi moyen et il est devenu mon meilleur vendeur, même si je le considère encore moyen.

 

 

Comme indiqué dans un autre article, j'écris à la main. Je recopie sur fichier informatique, avec un décalage. Au fait, je déteste ce travail, car j'ai du mal à relire ma calligraphie lépreuse. Ce faisant, cependant, il y a déjà des transformations. Surtout en ce qui concerne les passages trop nébuleux!

 

 

 

Le texte recopié, il est alors dans sa forme primitive. C'est à dire qu'il y a beaucoup de maladresses de toutes sortes, car je ne tiens pas compte de ces aspects lors de la création. Les aspects : répétitions de mots trop près les uns des autres. Autre : profusion de verbes être et avoir.

 

 

 

Alors, à la première relecture, je me concentre sur ces deux aspects, sur l'orthographe, la syntaxe. Technique, en somme.

À la seconde relecture, je vois à améliorer des passages.

À la troisième, c'est un peu les deux à la fois.

Puis je délaisse le texte pendant une année. Quand j'y retourne, j'y vois des éléments fautifs auxquels je n'avais pas pensé l'année précédente. Il y a aussi le recul, loin de l'émotion de 2017-18.

 

 

Bien que suivant un plan, ce roman avait un aspect ad-lib lors de sa création. C'est ancré dans le quotidien, parfois anecdotique, mais servant à démontrer le bonté de coeur des deux personnages vedettes.

 

 

J'avais, au départ, établi que cela se dèroulerait dans une ville sans nom, jusqu'à ce que je décide que Trois-Rivières serait bien, avant de revenir à mon idée première. Il y a donc confusion face à ce sujet.

 

 

Il y a aussi un aspect argotique dans les dialogues, mais je crois que ce serait une bonne idée de les prononcer davantage, que cela représenterait mieux la culture des personnages.

 

 

Bref, c'est un travail, tout ça ? Bien sûr, mais c'est un boulot que j'aime, car il y a toujours un défi.

 

 

Quand j'aurai terminé, dans quelques jours, qu'est-ce que je ferai ? Un autre roman. Prévu et prêt à commencer sans tarder. Si je passe une journée sans écrire, je deviens invivable pour mon chat.

 

 

Celui en cause porte le titre Quand on s'aime bien tous les deux et j'aurai l'occasion d'y revenir.

Tags: #création
 


Commentaires

 

1. anaflore  le 22-07-2018 à 09:04:26  (site)

Un livre en cache un autre bonne continuation

2. Marioromans  le 22-07-2018 à 09:40:44  (site)

En réalité, j'ai une liste d'idées, pour des romans.

3. johnmarcel  le 22-07-2018 à 14:17:31  (site)

Les répétitions ça me connait !
J'aime bien en faire…
Quoique dernièrement j'essaie de les éviter…

4. Marioromans  le 22-07-2018 à 19:45:22  (site)

C'est une des phobies des maisons d'édition. Et ils ont raison !

 
 
 
posté le 18-07-2018 à 22:10:26

Extrait : Les Freaks

 

 

Un de mes coups de gueule contre la bêtise hypocrite de la rectitude politique. Les Freaks met en vedette un dramaturge amateur qui rencontre un nain danseur et chanteur. Les deux partagent une passion : les spectacles forains sous tente du 19e siècle. Les deux hommes ont de larges connaissances sur ce sujet. Ils décident d'écrire une pièce de théâtre se déroulant dans ce milieu, en faisant appel à des gens ayant un handicap, une charmeuse de serpents, une femme obèse, deux Noirs déguisés en chasseurs de têtes. etc.

Ce qui devait être un spectacle amateur présenté cinq ou six fois fait soudainement la manchette, à cause de l'emploi d'handicapés, mais aussi du langage d'époque, reflets de l'exactitude désirée par le dramaturge.

La troupe, très unie en amitié, fait fi des interdictions et des dénonciations, tout en vivant dans leur réalité le drame raconté dans la pièce.

La photo ci-haut est extraite du film Freaks, de Tod Browning, une inspiration pour mon récit, tout comme mes connaissances du monde forain dont je m'étais servi pour ma thèse doctorale en histoire. L'extrait : la première rencontre entre Ti-Pierre le nain et Sylvain le dramaturge.

 

 

Le café promis s’est multiplié par huit, avec un paquet et demi de cigarettes. Nous avons même oublié de manger. Ti-Pierre m’entretenait avec une rare passion de l’histoire des spectacles forains d’autrefois, les connaissant avec le même intérêt qui m’avait animé quand ce sujet était devenu celui de ma thèse de doctorat en histoire. L’homme, dans la seconde moitié de la quarantaine, manifestait aussi les mêmes convictions que les miennes sur la liberté, sur la force de la création.

 

Il habite une petite roulotte décorée de placards similaires à ceux qui ornaient la devanture des tentes du dix-neuvième siècle. Il y a des dessins magnifiques, plus grands que nature, le représentant avec ses balles, son chapeau et sa canne, sans oublier la mention, en lettres rouges, que « It’s Alive! » À l’intérieur du véhicule, tout était à sa mesure : le lit, les chaises, la table, le lavabo, si bien que je n’ai pu caser ma taille et que j’ai passé tout ce temps assis sur le plancher. Sur les murs : des photos de freaks et une peinture de son idole Tom Pouce. Pierre m’a dit posséder des programmes d’époque, des carte-postales et quelques affiches, entreposées chez sa sœur, à Montréal.

 

 

« Au dix-neuvième siècle, je me serais produit sous les tentes, dans des musées, pour des cirques et à force de m’améliorer, j’aurais gravi les échelons de la hiérarchie. J’aurais amusé des milliers de gens et gagné honorablement ma croûte. Aujourd’hui, je ne suis qu’une statistique dans l’ordinateur d’Emploi-Québec et je dois vivre dans la crainte de ne pas croiser un de leurs fonctionnaires quand je me produis dans les rues. Ces gens-là, Sylvain, s’assurent à tous les deux mois que je n’ai pas grandi, que je suis toujours un de leurs foutus handicapés. T’as vu les gens, cet après-midi? Ils souriaient. S’il avaient laissé parler leur cœur, ils auraient ri du nain, au lieu de penser que je fais pitié. »

 

 

 

Ti-Pierre s’est aussi intéressé à mon parcours chaotique : études interminables pour toucher les chèques de prêts et bourses et m’éviter un emploi minable, cinq romans publiés et, il va de soi, pilonnés trois années après leur sortie. Des tâches d’éclairagiste et de sonorisateur de gauche à droite, puis ma troupe de théâtre amateur, qui n’a joué que sept de mes pièces en vingt années devant un public de plus en plus parsemé et maintenant formé des parents et proches des comédiens. Merveilleux! Il vaut mieux rouler du mauvais côté de la route et que demeurer immobile à droite.

 

 


Commentaires

 

1. Maritxan  le 20-07-2018 à 13:11:50  (site)

J'aime bien la dernière phrase du texte, elle est digne d'un philosophe ! Sourire1
Désolée pour le silence. En ce moment je n'ai pas la frite, j'ai de l'asthme, jamais eu ce truc avant. C'est déstabilisant !

2. Marioromans  le 20-07-2018 à 18:21:57  (site)

Je ne me souvenais plus de cette phrase. Genre de phrase qui, en la voyant, me fait dire : C'est moi qui ai écrit ça?

Prends bien soin de toi, ô public complet.

 
 
 
 

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