Mario Bergeron, romancier du Québec

posté le 15-10-2018 à 06:50:04

Secrets de création

 

 

Ce que vous voyez, je l'ai fait pour la plupart de mes romans et obligatoirement pour tous ceux de  la série Tremblay. Celui-ci était pour Ce sera formidable. Dans la colonne de droite, il y a l'année. Puis, en haut, les noms des personnages de la famille en cause, avec leurs âges selon l'année. Ceci est important pour situer certaines actions, qui sont, par exemple, logiques pour une personne adulte, mais pas pour une autre adolescente. Cette feuille était insérée dans le machin que je transporte, avec les feuilles du roman.

 

 

 

 

Toujours pour le même roman. Un aide-mémoire indiquant les prénoms du mari ou de l'épouse des personnages de la famille. La deuxième flèche indique le nom des enfants que ces couples ont eu. Il y a aussi les métiers des hommes.  Pas que je me servais de tout ceci, mais au cas où la chose était nécessaire, j'avais une référence! 'Sais pas trop pourquoi j'ai indiqué les deux chansons du répertoire du patriarche Isidore...

 

 

 


Commentaires

 

1. chocoreve  le 15-10-2018 à 18:16:21

Waouh ! ça en fait des secrets de dévoilés ! ... c'est impressionnant ce qu'il faut de méthodes ! ...

et ce doit être vraiment énervant d'avoir le refus d'un éditeur, après autant de travail ... comme par exemple pour "la maison amoureuse" sous prétexte de gens qui n'aiment pas quand il n'y a pas de dialogues ! ...( bien entendu pas comparable avec une saga, mais quand même !)

2. Marioromans  le 15-10-2018 à 18:53:49  (site)

Je considère que mes trois romans les plus satisfaisants n'ont pas de dialogues. La maison amoureuse, c'est très simple, mais avec de l'originalité et je suis certain que ce titre aurait pu plaire au public.

J'ai de plus en plus l'impression que les éditeurs cherchent un équivalent de feuilletons télévisuels.

À propos, pour Ce sera formidable, je n'avais pas pris en note les noms de l'imposante famille de Marguerite. La correctrice s'en était rendu compte. "Tu nommes une femme que tu n'avais pas nommée lors de la rencontre entre Marguerite et Joseph." Ceci me laisse deviner que les correctrices prennent aussi beaucoup de notes !

 
 
 
posté le 12-10-2018 à 05:34:51

Le roi des cadeaux : secrets

 

 

Mais où trouvez-vous votre inspiration, m'sieur Bergeron ? Le roi des cadeaux est une version romancée d'un travail de recherche dans le cadre d'un de mes cours universitaires. Le Palace, de Trois-Rivières, était un cinéma qui a ouvert ses portes au début de la grande dépression des années 1930, cela dans un quartier ouvrier fauché par le chômage. Les propriétaires font donc appel à un vétéran des salles montréalaises, réputé pour relancer les salles en difficulté : Alexandre Sylvio.

La vie du Palace a duré l'équivalent de deux années, de 1930 à 1932. Pour le travail,  j'ai consulté toutes les pubs de la salle, pris en note les événements qui s'y sont déroulés et, ce faisant, je me suis rendu compte que Sylvio, son adjoint Eddy Gélinas et les comédiens de vaudeville (Ti-Pit, Fifine et Ti-Phonse) étaient d'extraordinaires personnages de roman. La pub, contrairement à celles des autres salles, était fabriquée localement par Gélinas et Sylvio lui-même, ayant recours à de l'argot et ayant le sens de la formule. Il se surnommait Le roi des cadeaux, parce que les tirages (de nourriture, entre autres) représentaient sa façon d'attirer le public.

Donc : un roman basé sur des faits et des personnages réels, avec une approche amusante et avec beaucoup de dialogues. Voici un dialogue entre Alexandre Sylvio et Eddy Gélinas, préparant une publicité. L'échange est basé sur une publicité qui a existé.

 

 

 

 

Comme salle indépendante, le Palace ne bénéficie pas des vignettes somptueuses de Famous Players pour annoncer les films. Alexandre n’a surtout pas l’intention de payer pour ce service. Il a toujours eu sa propre façon d’élaborer la publicité, lui permettant de se démarquer des autres salles. Deux fois par semaine, il dicte à Eddy le contenu de ces réclames et le jeune homme doit aller porter ces brouillons au typographe du journal Le Nouvelliste. En premier lieu, Eddy ne comprenait pas pourquoi son patron faisait exprès pour parsemer ses phrases de fautes de français, d’anglicismes, de tournures orales. Cette semaine, pour la première fois, Alexandre utilise le surnom Roi des Cadeaux à la suite de son nom. C’est qu’il a des montres soi-disant en or à faire tirer!  

 « Je me demande si les chômeurs ont réellement besoin de montres, Alex.

- Et la fierté personnelle, mon Eddy? Je leur offrirais n’importe quoi qu’ils viendraient quand même. Et puis, ça se revend, une montre.

- D’accord.

- Là, tu mets le nom des vues principales.

- Sur une seule ligne?

- C’est en masse. Qui sont les vedettes?

- Ken Maynard et Joe E. Brown.

- Marque : Vue comique et drame de l’Ouest. Si c’est une vraie vedette, tu mets son nom, sinon, ça ne vaut pas la peine. À moins que… Tiens! C’est ça! Marque Ken Ménard! M-É-N-A-R-D. Ça fait plus local et le monde va s’identifier à ça.

- Comme tu voudras.

- Pour les titres des pièces, tu prends cinq lignes. Insiste sur Ti-Pit et Fifine. Tu joues dans ces pièces?

- Dans Ma tante est en ville. Je suis le propriétaire de l’immeuble.

- Marque Poléon avec Ti-Pit et Fifine. Ça va être beau, cette annonce-là.

- Pas un peu trop surchargé, non?

- Au prix qu’on paie, j’en mets pour la peine. Va me porter ça au Nouvelliste, mon Eddy.»

 

 

 

Le Palace n'a pas réellement fermé ses portes. La salle a été vendue au distributeur montréalais France-Film, qui la rebaptisera Cinéma de Paris et sera ouverte jusqu'à ce qu'un incendie la détruise, circa 1987.

Curieusement, une douzaine d'années plus tard, Eddy Gélinas sera le personnage principal d'un feuilleton radiophonique, mettant aussi en vedette les comédiens de vaudeville du Palace.

 

 


Commentaires

 

1. chocoreve  le 14-10-2018 à 16:21:41

Ça ne semble pas si simple que ça de trouver l'inspiration ! ... il en faut du travail ...
c'est amusant quand tu vas sur le net, en 5 conseils, tu y arrive facilement ... dont celui qui m'amuse le plus, celui de trouver le "bon endroit" pour écrire ...
bisous

2. Marioromans  le 14-10-2018 à 19:32:56  (site)

Le plan de ce roman, sa chronologie, c'était le travail d'histoire. Exemples : l'arrivée de Sylvio, des comédiens de vaudeville, le léger incendie de 1932, les concours d'amateurs, les tirages de cadeaux, etc.
Le Palace fut le premier ciné de ma ville à accueillir le père Noel !

 
 
 
 

Ajouter un commentaire

Pseudo : Réserve ton pseudo ici
Email :
Site :
Commentaire :

Smileys

 
 
 
Rappel article