Mario Bergeron, romancier du Québec

posté le 10-03-2018 à 23:09:34

Presse ?

 

Vous croyez que c'est facile d'obtenir une critique d'un roman, ou même une simple mention, dans un journal ou une revue? Pas du tout! À moins que l'éditeur ne paie une publicité... Pour ma part. il y a eu toutes sortes de démarches, qu'elles soient de l'éditeur et parfois de moi-même. Cependant, plus que souvent, le livre est ignoré. Est-ce qu'une mention dans un de ces papiers mousse la vente du produit? Je ne crois pas. Les gens se souviennent de quoi que ce soit médiatisé quand il y a répétition. Sinon : coup d'épée dans l'eau, mais excellent pour mon ego.

Dans le style, celle illustrée ci-haut est parfaite, car non seulement il y a un texte pour mon roman Ce sera formidable (Un résumé du communiqué de presse) qui voisine Nouvelles pages trifluviennes, collectif historique auquel j'ai participé, comme mentionné dans l'article. Cela date de septembre 2009. En cliquant sur l'image, vous arriverez (peut-être) à lire.

Tags: #presse
 


 
 
posté le 08-03-2018 à 07:02:59

Une idée éclair

 

 

De tous les romans que j'ai pu écrire au cours de ma vie, Une journée, une rue, cent personnages est mon favori, mon meilleur! Sa création a été une aventure extraordinaire et je crois que l'ensemble était une idée originale, hors des sentiers battus. Cependant : un plan rigoureux, puis beaucoup de discipline. Les cent personnages du titre représentent autant de chapitres, de trois pages, divisés entre 50 hommes et 50 femmes, lesquels sont aussi divisés en cinq parties : enfants, adolescents, jeune adulte, adulte, vieillards. Il fallait, pour le plan, trouver ces cent personnages. Un travail d'un mois! Enfin en route, je me rendais chaque jour au parc pour écrire une page et pas une ligne de plus.

 

 

Ce jour-là, mon plan m'indiquait : "Fillette triste". Alors, je me mets à écrire, mais arrête cinq minutes plus tard, ayant l'impression qu'un autre chapitre était trop semblable. Il fallait trouver une autre avenue et je n'y arrivais pas. Soudain passe derrière moi une fillette portant pantalon, faisant bondir vigoureusement un ballon. J'ai alors pensé qu'à l'époque de mon roman, en 1949, elle aurait été jugée comme un garçon manqué. Et la voilà mon idée! Voici le résultat et les trois pages complètes.

 

 

La fillette court de façon saccadée vers le parc, tout en faisant bondir sa balle à ses pieds, la rattrapant avec vigueur. Elle trouve rapidement un groupe de garçons, la chassant sous prétexte que des vrais gars ne s’amusent pas avec des filles. « Ils ont raison. Jouer avec des filles est la dernière chose que je voudrais. Si je dis à ces gars que je ne suis pas une fille, ils ne me croiront pas et vont se payer ma tête. Je ferais pareil. Nous sommes comme ça, nous, les garçons : francs et directs. »

Elle voit des semblables plus loin : cerceau, ballon, corde à danser. Horreur! Inutile d’approcher ces affreuses, qui ne connaissent rien aux vrais jeux : camion, courses à vélo, hockey, baseball, guerre. D’ailleurs, la seule fois où des garçons lui ont permis de se joindre à leur groupe, elle avait scalpé sept missionnaires, un record absolu. Elle se dirige vers le terrain de baseball, grimpe par-dessus la clôture avec la facilité de Tarzan, bien qu’elle ne soit pas certaine qu’il y existe de tels objets dans la jungle africaine du héros. La petite fille lance sa balle avec une force inouïe, quand arrêtée par un avertissement d’un employé municipal, préparant le lieu pour la rencontre de championnat de ce soir. Avec autant de force, elle lui rétorque : « Je vais m’en aller, mais si vous me traitez encore de fille, je vais vous casser la gueule! » Rien à faire dans ce parc. Elle décide de se rendre lancer sa balle contre le mur de brique de l’école de secrétariat. « Secrétaire! Un métier idiot! Moi, je serai mécanicien! » Quelle force dans le bras! Une précision! « Dix années de plus à ce rythme et la grande équipe professionnelle de la province de Québec va m’engager. Je n’aurai qu’à couper mes cheveux. Le gérant ne se rendra compte de rien. L’hiver venu, ce sera la même chose pour la formation championne de hockey. S’il y a une autre guerre à ce moment-là, je me porterai volontaire. Décorée des plus prestigieuses médailles après la fin du conflit! » Assurée de cet avenir, elle crache par terre comme pour donner plus de poids à sa pensée. La balle est délaissée au profit d’une courte branche dont elle se sert comme mitrailleuse, courant en zigzag, jetant des Ra-Ta-Ta-Ta à la volée, bondissant par-dessus les tranchées, franchissant la zone ennemie, abattant tout ce qui bouge. « Onze, mon général! Dont un avec mes mains nues! Merci, mon général! Vous savez, c’était simplement la routine. À vos ordres, mon général! Demain, j’en coucherai douze! » Après un salut très discipliné, elle se dirige vers sa tente et retrouve ses confrères, en train de jouer aux cartes ou de se chamailler, afin de garder les réflexes éveillés. « Allons au cabaret, les gars! Nous boirons du whisky toute la soirée et ce sera facile de faire la conquête de la serveuse! » Délaissant la branche, elle retourne à la balle, devenue une grenade, mais, en courant, elle trébuche, tombe tête première, se relève sans pleurnicher. « Stupides chaussures avec des courroies! Je ne pourrais pas avoir des vrais souliers comme tous les gars, avec des cordons solides? Puis cette robe! Quelle honte de devoir la porter, obligée par mes parents de me déguiser ainsi. C’est certain qu’en me voyant avec cette robe, les gars vont penser que je suis une tapette. » Furieuse, elle lance une dizaine de fois avec encore plus de vigueur. Après, elle sort de sa poche secrète son paquet de cigarettes à la cannelle, en croque une à pleines dents. « Rien de mieux pour relaxer qu’une délicieuse cigarette! Des gars que je connais préfèrent la pipe, mais la réglisse me donne mal au ventre. Une bonne bière, peut-être? Malchance : pas assez d’argent pour une bouteille de bière d’épinette… J’ai travaillé pour ma mère, pourtant! » La maman a un mal fou à l’inciter à l’aider à la maison, tant à la cuisine que pour faire le ménage. Elle? Avec un balai entre les mains? Scandale! Par contre, avec un marteau et des clous, elle fut d’une excellente aide pour son père dans la réparation de la niche du chien familial, un robuste berger allemand, le cabot mâle par excellence de la race canine. Une adolescente arrête promptement, après avoir été cavalièrement sifflée. Elle se retourne, à la recherche du malotru, mais ne voit personne, sinon une petite avec une balle, assise sur un banc. La jeune fille passe outre. « Joli pétard! Belle carrosserie! Si j’avais dix ans de plus, elle serait dans mes bras à chaque fois que je claquerais des doigts. Elle me préparerait à souper : un bon gros steak saignant. De la vraie viande! Au déjeuner, des rôties calcinées et un café sans lait ni sucre. Pas comme les cochonneries de salade de ma mère et que je… qu’est-ce qu’il y a, sous le banc voisin? »La fillette se penche, recule, horrifiée, en voyant une poupée sur le ciment. « Une niaiseuse a perdu son jouet. C’était à elle de faire attention. Les filles, c’est tout le temps distrait. » Une minute de silence passe, avant qu’elle ne se fasse craquer les jointures, étirant les bras, poings fermés. « Ça n’empêche pas que cette enfant va brailler à n’en plus finir. Les filles, ça pleure tout le temps. Je n’ai qu’à tendre l’oreille pour entendre la propriétaire. Une bonne action ne peut faire de mal. Monsieur le curé, un vrai bon gars, me le rappelle souvent. »

Elle prend discrètement la poupée, marche une courte distance, ayant l’impression que tout le monde la regarde et se moque. « Dans la ruelle! Les filles jouent dans la ruelle. C’est là que je vais trouver la pleureuse. » La poupée coincée sous son bras, elle marche à pas militaires vers le lieu, jetant de longs regards circulaires autour d’elle. « C’est peut-être un cadeau du père Noël. Les filles croient longtemps à ces histoires. Il m’a apporté un… Je veux dire que mon grand-père, un brave de la guerre de 14, m’a donné un camion à benne, l’an passé. Tous les gars du quartier voudraient en avoir un pareil. Où est-elle, cette crétine de fille? On dirait qu’il n’y a personne, dans cette ruelle. Beaucoup de gens n’ont pas terminé leur souper. » Personne pour la remarquer? L’enfant a l’impression que la fin du monde vient de se produire et qu’elle se retrouve seule sur Terre. Alors, prudemment, elle marche vers un fond de cour, s’assoit au sol, adossée à un arbre, puis regarde le joli visage de la poupée, lui sourit, caresse ses cheveux, la serre contre elle en la berçant.

 

Tags: #enfant
 


 
 
posté le 07-03-2018 à 02:19:30

Cachez ce titre que je ne saurais lire

 

 

Quand un auteur signe un contrat avec une maison d'éditions, son texte devient la propriété de l'éditeur, jusqu'à la fin du contrat. Donc, ces gens peuvent faire ce qu'ils veulent du manuscrit, cela sans l'avis de l'auteur, bien qu'il y ait toujours une aimable collaboration et consultation entre les deux partis.

 

 

La première chose que j'ai apprise de cette situation et qui m'avait beaucoup surprise : l'éditeur peut changer le titre du roman. Le créateur, pour sa part, a vécu avec un titre qu'il jugeait représentatif du contenu du livre. Ce n'est pas toujours le cas pour les titres imposés par ces pros.

 

 

En onze romans publiés, cinq ont vus leurs titres changés et un autre avait provoqué une vive protestation de ma part. De ces cinq initiatives : deux bonnes idées : Ce sera formidable, Perles et chapelet. Deux mauvaises idées : Les fleurs de Lyse et Les Bonnes soeurs. Puis une abomination : Le Petit Train du bonheur.

 

 

Pour parler de tout ça, l'éditeur était venu jusqu'à Trois-Rivières, m'avait invité dans un restaurant (Type de lieu que j'ai en horreur). Nous parlions de choses et d'autres quand, à la fin, il me dit que mon titre, Tremblay et fils, n'allait pas du tout. "À la place, nous avons choisi Le Petit Train du bonheur." Je me souviens avoir rougi, avant de réagir : "C'est quétaine et ne représente pas du tout le contenu du livre." Lui, par politesse : "Si tu as une bonne idée, communique avec moi". Ah si, j'en ai trouvé, des idées, mais à quoi bon? La sienne était faite.

 

 

Dans le roman, Le Petit Train est le nom d'un casse-croûte ouvert par Joseph, père de Roméo, héros du roman. Passe encore, mais ce restaurant n'est pas le centre du livre, ni son objet principal. Pour le bonheur, cela pouvait aller pour l'évocation de l'enfance de Roméo qui, grandissant, sera un jeune homme tourmenté. Pas trop de bonheur non plus quand il va ramasser des cadavres de soldats sur un champ de bataille pendant la guerre 14-18. Bref, son titre n'avait aucun lien avec le roman. Kitsch en profondeur.

 

Je jure sur mon honneur que je n'ai jamais prononcé ce titre publiquement. Dans les salons du livre, je disais : "Le premier tome", "Mon premier roman" (même si c'était le second) ou "Celui-là." Il y a eu aussi une réaction répétée de la part du public de ces salons : "Oh, le petit bonheur de Félix Leclerc", "Oh, le petit train de Félix Leclerc." J'avais envie de mordre! Vingt ans plus tard, ce titre me donne encore la nausée.

 

 

Quant à ma protestation, elle a été réservée pour Contes d'asphalte. Il ne voulait rien savoir de ce titre et j'ai haussé le ton. Je me souviendrai toujours de sa réaction : "Correct! Mais tu vas l'assumer, ton maudit titre!" Ce que j'ai fait, poussant la vente de ce roman au détriment des autres dans les salons. D'ailleurs, les gens ont beaucoup aimé ce titre, qui représente parfaitement le contenu du livre.

Tags: #titre
 


 
 
posté le 05-03-2018 à 21:54:32

Les salons du livre

 

 

Il existe neuf salons du livre, au Québec, tenus à Montréal, Québec, à Hull, Sherbrooke, Jonquière, Trois-Rivières, Rimouski, Sept-îles et en Abitibi-Témiscamingue, ce dernier dans cinq villes différentes en autant d'années. J'ai participé à tous ces salons, sauf celui de Sept-ïles (Trop loin, trop froid). 45 occasions, mais la majorité, 35, pour le compte de mon premier éditeur, entre 1998 et 2004. J'ai vendu nez à nez au public 1095 romans.

Dans mon cas, il y a eu trois étapes : le coup de foudre, la routine, puis le ras-le-bol. Ce premier éditeur insistait beaucoup sur nos présences, prétendant que c'était une façon de se faire connaitre. L'avenir me dira que c'est faux. Il y avait pour cet éditeur un certain stress de la performance en ventes, si bien que les salons où je vendais peu ont été passés par dessus bord.

Tout ceci était à mes frais. À une occasion, l'éditeur m'a payé l'hôtel et, deux fois, j'ai reçu un cachet pour le salon de l'Abitibi. Pour le reste : paie, Mario B! Les livres vendus lors de ces occasions ne me payaient que le 10 % du droit d'auteur.

Ceci a fait partie de ma vie, de ma route de romancier. Bien sûr : de bons souvenirs, des moments surprenants et amusants, des rencontres, de l'amitié, etc. Par contre : beaucoup de fatigue, la lassitude, de l'insomnie, des mauvais repas. Et puis, z'avez déjà passé une journée entière sur un banc de métal à sourire au moindre passant, le tout dans un climat bruyant ? Pffff... Je garderai les bons moments pour différents articles.

La photo ci-haut : En mai 2001, à Ville-Marie, au Témiscamingue, assurément le salon le plus extraordinaire que j'ai vécu.

 


 
 
posté le 04-03-2018 à 19:29:50

Personnage réel : Ludger Duvernay

 

 

Mes créations ont été qualifiées de 'Romans historiques'. Possible! Donner un nom à une approche ne m'a jamais fait sourciller. Il est cependant évident que le contexte socio-historique de ces romans est rigoureux, particulièrement dans les douze de la série Tremblay. Dans ces livres, on peut croiser trois personnages réels : le curé Chamberland dans Contes d'asphalte, Pierre Boucher dans Le pain de Guillaume, puis Ludger Duvernay dans La splendeur des affreux.

Alors, il faut passer par des biographies, des livres d'Histoire, afin de cerner le personnage et le rendre historiquement crédible. Ludger Duvernay était un homme de lettres, fondateur de La Minerve, le journal le plus important du Québec du 19e sièĉle. Mais avant d'y arriver, Duvernay avait habité Trois-Rivières, ouvert une imprimerie et lancé le premier journal de la ville : La Gazette des Trois-Rivières, qui prendra aussi le nom de Constitutionnel. Duvernay fut aussi un grand patriote et on lui doit la fondation d'une fête nationale, dite Saint-Jean-Baptiste, qui a depuis lieu à chaque 24 juin annuel.

Ludger Duvernay se montre aimable envers mes deux héros : Étienne le Bossu et son épouse, Jenny l'Irlandaise. Cette dernière est très impressionnée par l'homme, le jugeant séduisant et provoquant chez elle des rougissements d'admiration. Avant tout, le couple, souvent méprisé par les gens de la ville, se sent flatté par l'amitié que leur porte le grand homme.

L'extrait : visite familiale chez monsieur Duvernay, qui incite Étienne è faire publier une publicité dans son journal.

 

 

         J’enfile ma robe du dimanche et Étienne porte son habit des grandes occasions. Marie ressemble à une petite princesse et Isidore à un prince qui préférerait jouer dans la boue. Nous marchons comme une famille unie jusqu’à la résidence de monsieur Duvernay. Nous le surprenons un livre à la main. Avant même qu’il ait terminé de nous souhaiter la bienvenue, je lui tends les biscuits encore chauds. Leur parfum fait en sorte que la présentation imaginée par Étienne devient inutile.

         Je veux savoir ce qu’il lit. Un penseur de France, du nom de monsieur Voltaire. Monsieur Duvernay me dit que les grands chantres de la justice, de l’égalité et de la démocratie viennent du pays des ancêtres des Canadiens. Les Américains, et leur pays sans roi, ont retenu la sagesse des leçons de ces Français. Tout de suite, monsieur Duvernay nous parle de politique. Ce sujet ne devrait pas me concerner, mais je l’écoute religieusement, tout comme Étienne, très intéressé. Le système politique des deux Canadas n’est pas démocratique. London place ses riches amis au parlement et ces trèfles à une feuille empêchent toutes les initiatives des députés canadiens, muselant ainsi le peuple qui les a élus. Il nous entretient avec enthousiasme de monsieur Louis-Joseph Papineau, le chef du Parti canadien, puis de l’importance d’éduquer tout le monde sur la politique. Son journal Le Constitutionnel sert à cette importante tâche.

         Monsieur Duvernay prétend que les lectures publiques sont essentielles pour que les personnes ne possédant pas la science des mots puissent profiter de la parole de ceux qui en bénéficient.  (...) Son journal a des abonnés à Montréal, à Québec, à William-Henry, à la Rivière-du-Loup, à Berthier et dans nombre d’autres localités. «Voilà une bonne façon d’élargir votre clientèle, monsieur Tremblay.» Il propose à mon époux de faire publier dans le journal un petit texte pour dire qu’il travaille comme maréchal-ferrant et constructeur de voitures. Je sais que la vantardise n’est pas dans la nature de ma petite bosse d’amour, mais je lui secoue l’épaule pour lui signifier que je crois que voilà une très bonne suggestion. Les mots d’Étienne pourraient se transformer en lettres et ainsi, tout le monde au Bas-Canada entendrait sa voix! Ce serait impressionnant!

         «Sachez que monsieur Étienne Tremblay, des Trois-Rivières, jouit d’une réputation enviable comme maréchal-ferrant. Il peut aussi construire et réparer des voitures pour toutes les saisons, et prendre un soin jaloux de vos chevaux. La maison de monsieur Tremblay est située rue Notre-Dame, non loin du couvent des ursulines. Monsieur Tremblay sera ravi de vous offrir un travail de qualité.» Quelle merveille! Quel beau langage! Il ne fallait pas écrire: «Sachez que monsieur Étienne Tremblay t’est t’un maréchal-ferrant…» Il nous fait signe de le suivre jusqu’à son atelier, où il assemble chacun des mots avec des lettres de plomb, tout en continuant à nous parler. Étienne se penche pour mieux voir ce travail hors de l’ordinaire, puis explique à Isidore le miracle de l’imprimerie. Notre garçon semble indifférent, au contraire de Marie, qui pose des questions à monsieur Duvernay, amusé par sa curiosité. «Vous croyez que je vais t’avoir t’autres clients avec ceci?» Certes! Pourquoi en douter? Nous-mêmes aimons  savoir ce que les gens d’autres villes ont à offrir. J’ai pu apprendre le tarif du vapeur qui fait la navette entre Québec et Montréal, et même connaître le nom de son capitaine!

         Monsieur Duvernay regarde Isidore, pose une main sur son épaule et lui dit qu’il est l’avenir de la nation, mais afin que chaque homme et chaque femme du Canada voit la lumière, il faut savoir lire et écrire. Je crois que cette sage parole touche plus mon mari que mon fils.

 

 


 
 
 

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